Un séminaire régional sur les politiques d’aménagement linguistique s’ouvre mercredi, à Dakar
APS
SENEGAL – AFRIQUE – CULTURE

Un séminaire régional sur les politiques d’aménagement linguistique s’ouvre mercredi, à Dakar

Dakar, 25 juin (APS) - L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) organise, à partir de mercredi, un séminaire pour le renforcement des politiques d’aménagement linguistique dans l’espace francophone du Sud, a annoncé, mardi, sa directrice langue française, culture et diversités, Youma Fall. 
 
 
La cérémonie d’ouverture de cette rencontre (26-28 juin) prévue au King Fahd Palace (KFP) sera présidée à partir de 9 heures par le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, a-t-elle précisé lors d’une conférence de presse tenue dans ces mêmes locaux. 
 
 
‘’Il s’agit à travers des ateliers régionaux avec les personnes qui s’occupent d’aménagement linguistique dans leur pays, d’avoir leur compréhension de ce qu’est une politique linguistique, c’est quoi l’aménagement linguistique, quel est le lien entre langues, cultures et territoires’’, souligne-t-elle. 
 
 
Les participants qui viendront de l’Afrique (Gambie, Togo, Côte d’Ivoire, Gabon, Bénin, Burkina Faso, Comores RDC, Ghana, Guinée, Mali et Sénégal) seront ainsi outillés en grilles d’analyse et de compréhension de politiques d’aménagement linguistique. 
 
 
Selon la directrice de la langue française, culture et diversités à l’OIF, il s’agit surtout de faire connaitre l’importance et l’intérêt des politiques d’aménagement linguistique dans le développement que cela ne se limite pas seulement à l’école. 
 
 
‘’On parle toujours de profit en économie et pas de richesse. Or, la richesse englobe le sociétal, le culturel’’, ajoute Youma Fall. 
 
 
Pour l’un des formateurs, l’expert gabonais Patrick Mouguiama Daouda, la mise en place d’une politique d’aménagement linguistique peut éviter par exemple l’échec scolaire et servir aussi au développement. 
 
 
Selon Patrick Mouguiama Daouda, ‘’dans de nombreux pays africains, les langues endogènes sont pratiquées et excluant du coup les paysans, les femmes, ect., parce qu’ils ne parlent pas la langue alors qu’ils sont des producteurs de richesse’’. 
 
 
Dans le système éducatif, dit-il, ‘’on peut éviter l’échec scolaire. Un enfant scolarisé dans sa langue maternelle réussit mieux qu’un enfant qui ne l’est pas. C’est démontré et il y a des projets qui les corrigent c’est notamment le projet +ELAN+ (Ecole et langue nationale en Afrique de l’OIF)’’.
 
 
En plus avec la disparaitre des langues et cultures africaines, il urge, selon l’expert gabonais, de mettre en place de telle structure pour redynamiser, sauvegarder et revitaliser les langues locales. 
 
 
‘’Les politiques d’aménagement linguistique mises en place depuis soixante ans n’ont pas produit les résultats escomptés, il faut remettre en question les méthodes et stratégies’’, conseille-t-il.
 

FKS/MD