Une refondation de l’école africaine pour mettre fin au radicalisme
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SENEGAL-AFRIQUE-SOCIETE

Une refondation de l’école africaine pour mettre fin au radicalisme

Dakar, 26 mai (APS) - L’enseignant-chercheur à l’université Gaston Berger de Saint Louis, spécialiste de l’islam, Bacary Sambe, préconise la mise sur pied d’une école adaptée aux réalités du continent africain face aux phénomènes du radicalisme religieux et de la criminalité.
 

’’L’école n’est pas adaptée aux besoins de la jeunesse africaine. Voilà pourquoi nous estimons que la création d’une école africaine serait l’une des meilleures solutions pour contrer l’évolution de la criminalité dans le continent’’, a soutenu M. Sambe.
 
Il intervenait lors de la table ronde : ’’jeunes, démocratie et sécurités en Afrique’’ organisée par le conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA).
 
Les panélistes de cette rencontre qui entre dans le cadre la 86ème réunion du comité exécutif du CODESRIA sont tous d’avis que l’éducation, la refondation de la famille sont les points importants pour éradiquer le problème du radicalisme que rencontre la jeunesse africaine. 
 
Pour le chercheur, la jeunesse africaine est victime des vendeurs d’illusion qui utilisent les réseaux sociaux.
 
’’Ces prédicateurs utilisent le numérique pour vendre les illusions aux jeunes désœuvrés et confrontés à divers problèmes’’, a-t-il noté.
 
Dans la lutte contre le radicalisme, a-t-il fait valoir, ’’ce n’est pas l’islam qui doit être remis en cause, mais plutôt les idées politiques cachées derrières’’ cette religion.
 
Les politiques sécuritaires ont, selon lui, ’’échoué dans leur mission’’, ce qui favorise le développement du terrorisme.
 
Le vice-président du CODESRIA, le Professeur Nkolo Foe de l’université de Yaoundé, a mis l’accent sur sur les guerres hybrides ou post-modernes qui sont ’’sources de conflit et d’enrôlement aveugle des jeunes dans l’utopie’’.
 
Il a plaidé la ’’refondation’’ de l’éducation africaine, estimant que la croisade contre la modernité ’’sont de nos jours plus culturelle que politique’’.

’’La cible de ces combats demeure en réalité l’Etat qui se voit impuissant face à ce fléau’’ du radicalisme, a t-il dit.
 
Selon lui, le fétichisme numérique est la source fondamentale de la dérive de la jeunesse qui tombe facilement dans le piège à cause des disparités sociales. 
 
’’’Le radicalisme n’est pas seulement musulman, il y a aussi un radicalisme chrétien qui menace les Etats’’, a-t-il dit, citant l’exemple du Brésil.
 
’’On doit socialiser les jeunes au sens du respect de soi pour aboutir à un changement sur les défis actuels auxquels ils sont confrontés’’, a pour sa part plaidé le professeur de sociologie à l’université de Tunis, Slahedine Ben Frej.
 
Pour lui, il y a lieu de ’’susciter une réalité sociologique africaine’’ pour mettre fin aux maux qui gangrènent le continent tel que le’’ djihadisme’’. 
 
Selon lui, l’Afrique manquait des outils nécessaires pour remédier à ces fléaux, mais ’’avec une mobilisation mutuelle des ressources et des forces, le contient pourra mettre fin à la radicalisation’’.
 
’’Ce que l’on doit faire en urgence pour les jeunes, a-t-il souhaité, c’est leur inculquer les valeurs démocratiques en vue de mettre fin aux dégâts que cause le radicalisme’’.
 
 
 
 
 
 

AMN/OID