Hépatites : vers une décentralisation de la prise en charge
APS
SENEGAL-SANTE

Hépatites : vers une décentralisation de la prise en charge

Fatick, 21 juil (APS) - La prise en charge des hépatites va se faire désormais dans les régions, a assuré la coordinatrice du Programme national de lutte contre les hépatites (PNLH) Pr Aminata Sall Diallo, rappelant que près de deux millions d’individus sont porteurs des virus de l’hépatite B et C au Sénégal.

‘’Tout se faisait à Dakar, de la prise en charge des malades, la surveillance des malades, jusqu’à la distribution des médicaments et pour la première fois dans notre histoire nous allons décentraliser toutes ces activités au niveau de Niakhar, d’abord à travers cette journée’’, a-t-elle déclaré.

Pr Diallo s’entretenait, vendredi, avec des journalistes au terme d’un Comité régional de développement (CRD) portant sur la préparation de l’édition 2018 de la journée nationale de lutte contre les hépatites, prévue le 28 juillet.

Cette année la commune de Niakhar va abriter la cérémonie officielle en présence du ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr.
A l’issue de cette journée nationale prévue à Niakhar, ‘’nous allons revenir à Fatick pour former des médecins sur une prise en charge optimale des malades dans la région’’, a-t-elle annoncé.
‘’Près de deux millions de porteurs des virus de l’hépatite B et C, c’est beaucoup. On ne peut pas continuer à envoyer tout le monde à Dakar’’, a-t-elle soutenu.

’’La solution pour elle sera désormais de décentraliser la prise en charge médicale dans les régions’’. 
’’Nous allons poursuivre cette décentralisation de la prise en charge à partir de 2019, dans les régions de Fatick, de Diourbel, de Kaolack et de Thiès en plus de Dakar’’, a-t-elle indiqué.
‘’Et en 2020, a-t-elle ajouté, nous planifions de poursuivre cette décentralisation dans la prise en charge médicale des porteurs de virus d’hépatites dans cinq autres régions et en 2021 sur l’ensemble du territoire national’’.
La cartographie des hépatites ‘’ne révèle pas de différences significatives entre les régions, cela veut dire qu’il n’ y a pas de variation significative supérieure à un taux de plus de 20% pour l’hépatite B’’, selon elle.

Par contre, précise-t-elle, ‘’l’hépatite C se retrouve essentiellement chez les groupes à risque comme le personnels de santé, les sujets drogués, ou les patients sous hémodialyse’’.

Dns les pays africains dont le Sénégal, ‘’on est à 80% de cancer du foie causés par le virus de l’hépatite B et on est dans une prédominance avec un ratio largement en faveur des hommes’’, a-t-elle indiqué.

‘’Le premier cancer chez les hommes au Sénégal est le cancer du foie qui malheureusement emporte des jeunes productifs âgés de 35 ans à 36 ans qui arrivent souvent sur le marché de l’emploi’’, a-t-elle déploré.
‘’Il y a aussi, a-t-elle encore relevé, le virus de l’ hépatite E qui est aussi un problème de santé publique au Sénégal’’.

‘’Ce virus n’est pas endémique au Sénégal mais vient par épidémie et il n y a pas longtemps le Sénégal avait enregistré une épidémie de l’hépatite E à Kédougou qui avait fait 19 morts’’, a-t-elle rappelé.
‘’L’hépatite E est grave chez la femme enceinte. Si une femme enceinte contracte ce virus souvent l’issue est fatale, c’est 25% de la mortalité chez la femme enceinte. Donc, il faut se mobiliser pour combattre ce virus en plus des autres hépatites’’, a-t-elle lancé.

AB/OID