Mankeur Ndiaye livre son parcours dans
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SENEGAL-DIPLOMATIE-EDITION

Mankeur Ndiaye livre son parcours dans "Diplomatie, 20 ans à la Place"

Dakar, 7 mars (APS) – L’ouvrage de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, intitulé "Diplomatie, 20 ans à la Place", se veut "une sorte de survol par la mémoire de quelques faits" du parcours de l’auteur qui se garde bien de ne pas faire des révélations, mais "plutôt de dire ce qui peut être dit par un fonctionnaire en activité".
 
Edité aux éditions Panafrika Silex/Nouvelles du Sud, le livre "Diplomatie, 20 ans à la Place", est paru en janvier 2018.
 
Né le 15 mars 1960 à Dagana, Mankeur Ndiaye a un itinéraire un peu classique : école coranique, école française. Il fera l’école primaire, le collège, l’Ecole normale régionale (ENR) de Saint-Louis, l’Ecole normale supérieure, la Faculté des Lettres et sciences humaines et l’Ecole nationale d’administration (1988-1991). Sorti de l’ENA, il entame une carrière de diplomate pendant 20 ans. 
 
Mankeur Ndiaye fut aussi un temps enseignant à l’école primaire de Goudoudé Diobé (région de Matam).
 
La table des matières de l’ouvrage résume ainsi ce parcours : "Diplomatie : Mes vingt ans à la Place", "La formation au métier", "De Dagana à Dakar : un long chemin Dakar", "Les premières années à la place" (en tant que directeur de cabinet du ministre Maguette Thiam) ; "Les années hors place" ; "Retour à la Place" ; "Encore une fois hors de la place : six ans à l’ONU" ; et "Retour définitif à la place". Ce tableau est compété de trois annexes.
 
De sa longue carrière, Mankeur Ndiaye pose le principe qui dicte l’action de tout diplomate et au-delà même tout fonctionnaire. C’est ce que résume à merveille une phrase prononcée par le Brésilien José Maria de Silva Paranhos Junior, baron de Rio Branco lors de sa mise à disposition de la République, après l’abdication de Don Pedro II, en 1889, à la suite d’une révolte militaire consécutive à l’abolition de l’esclavage.
 
"Un diplomate ne sert pas un régime, mais son pays", dit le Brésilien. 
 
Pour Mankeur Ndiaye, "ces dix mots pleins de hauteur et de sagesse donnent la pleine mesure du métier de diplomate et rendent compte de la particularité de l’éthique et de la déontologique diplomatique".
 
"Diplomatie 20 ans à La Place" est la production "d’un auteur passionné par le métier, mais d’abord soucieux de partager, à travers son histoire personnelle, les expériences accumulées tout le long de son chemin". 
 
En effet, au-delà d’une histoire personnelle, "le livre de Mankeur Ndiaye nourri aux deux pôles de la pédagogie et de la diplomatie, apporte une lumière utile sur plusieurs pans de notre histoire diplomatique et sur des séquences significatives des relations internationales". 
 
Pour les professionnels, les spécialistes, les jeunes diplomates et étudiants, "ce livre écrit avec une plume alerte, sobre et élégante, est une référence précieuse". 
 
Le lecteur aborde l’intégration régionale et sous-régionale, la question de l’eau, les juridictions internationales, l’ONU, la rupture puis le rétablissement des relations diplomatiques avec Pékin, le pèlerinage à La Mecque, le MCA, la question du Darfour, l’action diplomatique sénégalaise en Mauritanie en 2009, le sommet de l’OCI à Dakar en 2008, l’importance du service protocolaire et les relations avec les médias, etc.
 
Mankeur Ndiaye tient bien à préciser : "(…) ce livre est une sorte de survol par la mémoire de quelques faits de (son) parcours et n’a nullement pour objet ou ambition de faire des révélations, mais plutôt de dire ce qui peut être dit par un fonctionnaire en activité".
 
Le lecteur de "Diplomatie, 20 ans à la Place" est surtout marqué par l’engagement politique à gauche de Mankeur Ndiaye, militant du PIT, dirigeant de grève, initiateur de la grève de la faim à l’Ecole normale régionale (ENR) en 1979-1980.
 
Il s’est bien abreuvé aux écrits de Marx, Engels et Lénine, et a pris part aux joutes entre prosoviétiques et maoïstes. Dans ce contexte, son chemin a croisé celui des Abdoulaye Bathily, Amat Dansokho, Iba Ndiaye Diadji, entre autres.
 
Au sujet de ce militantisme, il écrit : "Je me suis présenté au Concours d’entrée (à l’ENA) par un coup de chance (…) et dans la semi-clandestinité (…) candidat aux législatives de 1988 sur la liste nationale du PIT (…) mon nom assez rare du reste ne devait certainement pas être méconnu des services spécialisés du ministère de l’Intérieur dont Jean Colin centralisait, après leur collecte, tous les bulletins de renseignement, au quotidien".
 
Résumant cette période politique, Mankeur Ndiaye soutient : "Tels furent les quelques traits et portraits ramassés de mes années de jeunesse militante. En effet, ces pans de nos vies ont forgé nos personnalités, aidé à notre formation, enrichi notre culture des choses et des hommes, du rythme du monde et de la vie internationale".
 
"Les temps ont changé et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Nombre de cadres actuels de ce pays (…) ont connu ces moments intenses d’engagement politique et de jeunesse. Chacun d’entre eux a du faire ses choix d’adultes mûr, tenant compte des mutations de l’histoire et de ce qu’il considère comme étant les intérêts du moment ou suivant ce qui dicte sa propre conscience", dit-il.
 
L’auteur livre aussi sa "déception" après qu’il a eu l’idée de lancer un "think tank" baptisé "Cercle des idées (CDI)". Mankeur Ndiaye rappelle avoir eu l’idée de ce projet de "réservoir d’idées" après la cérémonie de restitution que le président Wade avait organisé au lendemain du forum de réflexion initié par l’Institut français des relations internationales (IFPRI) à Evian (France) sur les questions de la gouvernance mondiale.
 
L’auteur a reçu le soutien du monde universitaire et académique, des milieux d’affaires, de membres d’ONG, etc. Toutefois, "une autre surprise, désagréable celle-là, et une grande déception ont suivi cette initiative personnelle et m’ont profondément meurtri", écrit-il.
 
Selon lui, "une poignée de gens (…) en certains milieux officiels (ont présenté) mon projet comme une sortie de tremplin +politique". Un officiel l’interpellera au cours d’une rencontre en ces termes : "On a compris. Vous vous préparez". Et l’auteur de s’interroger dans son livre : "Se préparer à quoi ?".
 
Craignant aussi un plagiat, Mankeur Ndiaye décide de faire enregistrer son "think tank" au BSDA sous le label "CDI", le 30 avril 2009.
 
La déception de Mankeur Ndiaye se lit à travers ce passage : "On a parfois l’impression de vivre dans un pays où une petite caste de gens écœurants, sans foi ni loi (…) par des ouï-dire, des suppositions factices, des contre-vérités de toutes pièces fabriquées pour nuire et plaire, joue à se faire peur, à mentir, à comploter, à salir, à dénigrer, à calomnier, à maudire, à médire, à trafiquer, à tromper, à divertir, à profiter, à bannir, à brider, à liquider, à pilonner".
 
Il ajoute : "Combien de bonnes initiatives ont été ainsi sabordées, jugulées et dénaturées par cette caste composite qui par ses agissements qui défient l’éthique et la morale, ne rend service à aucune institution".


OID/DS/ASB