Un universitaire prône le retour du FESNAC aux
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SENEGAL-CULTURE-PERSPECTIVES

Un universitaire prône le retour du FESNAC aux "fondamentaux"

Dakar, 12 juil (APS) - L’enseignant-chercheur Ibrahima Wane a plaidé jeudi à Dakar pour un retour du Festival national des arts et de la culture (FESNAC) à "certains fondamentaux’’ qui selon lui n’ont pas été atteints depuis son lancement en 1997.

"Après vingt ans, il faut forcément réajuster au regard des nouveaux enjeux, revoir les textes, les orientations, revenir sur certains fondamentaux qu’on est en train de quitter ou qui n’ont pas été remplis", a-t-il préconisé.
 
M. Wane, professeur de littérature africaine orale à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, juge à ce titre fondamentale, "la question de l’articulation du thème par rapport aux compétitions" du FESNAC.
 
Il prenait part à la réunion d’évaluation de la 10e édition du FESNAC, présidée par le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly.
 
L’universitaire estime qu’à travers ses propositions, il s’agit de "revenir à la biennale, à la politique d’infrastructures, à l’animation de la région d’accueil, à l’investissement du patrimoine", l’idée de départ du FESNAC étant que ce festival doit être "une vitrine des arts de la scène du Sénégal avec un aspect scientifique" représenté par son colloque. 
 
"Il faut que l’Etat donne plus de dignité et de prestige au FESNAC comme l’une des plus grandes manifestations qu’il organise sur le plan culturel en terme d’art populaire, et cela va imposer aux collectivités locales de jouer leur partition comme c’est une compétence décentralisée", a indiqué Ibrahima Wane. 
 
Il a évoqué une autre préoccupation, qui porte sur la préparation du FESNAC et la désignation de la région d’accueil dès la proclamation des résultats. 
 
"Ce sont des budgets, des ajustements et des prévisions à faire, c’est une biennale et j’espère qu’il va redevenir ainsi, il faut dès la fin du FESNAC qu’on annonce la région d’accueil comme cela se fait dans les grandes compétitions sportives, culturelles (..)’’. De cette manière, souligne l’universitaire, "aucune collectivité locale ne pourra dire qu’elle a été pris au dépourvu".
 
Ibrahima Wane dit regretter le fait que "souvent, c’est à six voire trois mois que la région d’accueil est annoncée", ce qui fait que les troupes n’ont pas assez de temps pour se préparer, a-t-il laissé entendre.
 
Des participants à cette évaluation du FESNAC ont soulevé d’autres questions, dont "la garantie d’une couverture d’assurance pour les artistes déplacés", au regard de l’accident mortel enregistré lors de la dernière édition du festival et qui a couté la vie au musicien de Saint-Louis Khabane Thiam. 
 
Le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly a fait part de ses "réserves sur certaines déclarations", estimant que "la dignité est donnée au FESNAC par la préoccupation de l’autorité suprême, par la présence d’un ministre de la République au sein de cette activité’’, sans compter qu’un budget et des lois "sont votés pour des attributions financières à cette manifestation". 
 
Concernant la périodicité de la manifestation, le ministre se dit "d’accord par principe" pour que le festival redevienne une biennale, assurant n’avoir "aucune forme de réticence par rapport à cela".
 
"Je conclus d’ailleurs’’ sur ce point pour dire que "nous avons nous-mêmes regardé la situation et pour être plus efficace, pour que le FESNAC soit un lieu de rendez-vous et de présence des citoyens sénégalais, il nous faut cette biennale", ajoute-t-il. 
 
Le Festival national des arts et de la culture, lancé en 1997, a été une des "fortes recommandations" du colloque sur "Les Convergences culturelles au sein de la nation sénégalaise", tenu en 1994 à Kaolack (centre). 
 
Il a été organisé successivement à Thiès (1997), Dakar (1999), Ziguinchor (2001 et 2003), Tambacounda (2005), Saint-Louis (2007 et 2012), Kolda (2016) et Louga (2017). 
 
 

FKS/BK