Thiès : des diplomates découvrent les Manufactures d’arts décoratifs
APS
SENEGAL-CULTURE-DIPLOMATIE

Thiès : des diplomates découvrent les Manufactures d’arts décoratifs

Thiès, 3 déc (APS) - Des membres du corps diplomatique ont visité mardi la Manufacture sénégalaise d’arts décoratifs (MSAD) à Thiès, sur invitation du ministre de la Culture, Abdoulaye Diop, a constaté l’APS.

Après avoir suivi le processus de fabrication des tapisseries dans les ateliers de tissage, les ambassadeurs en compagnie du ministre de la Culture, ont contemplé, dans la salle d’exposition des manufactures, la vingtaine de tableaux entièrement réalisés à la main et accrochés sur les murs.

Les diplomates de pays africains, européens, asiatiques parmi lesquels celui des Etats-Unis, Tulinabo Mushingi, ont également été témoins de la finition et de la levée d’un tapis de 4 mètres-carrés entamé, depuis le 22 juillet.

‘’Nous ferons de vous les ambassadeurs des manufactures de Thiès’’, leur a lancé le ministre de la culture Abdoulaye Diop après avoir visité avec eux les lieux, à la veille du 53-ème anniversaire des MSAD.

Elles ont été créées un 4 décembre 1966 en tant que Manufacture nationale des tapisseries (MNT) par le président Léopold Sédar Senghor, au lendemain du Festival international des arts nègres, a indiqué M. Diop.

Le président-poète en avait fait un ‘’instrument diplomatique’’, en offrant ses tableaux à des hôtes de marque. Houphouët Boigny, Miterrand, l’actuel empereur du Japon alors prince héritier, Hiro Hito, avaient tous visité la Manufacture.

La structure avait acquis au bout de 10 ans une notoriété dans les hautes sphères du monde, grâce à ses belles tapisseries qui décorent de grandes institutions nationales et internationales, dont des aéroports, palais royaux et autres institutions financières.

‘’Les nuits de Thierno’’ de Ibou Diouf, est accroché à la salle des banquets du Palais de la République, ‘’Le Grand Magal’’, de Papa Ibra Tall, la plus grande œuvre réalisée par la MSAD, sur 24 mètres-carrés, orne le siège des Nations Unies. ‘’Belle, jalouse et coléreuse’’ de Jacob Yacouba décore le hall de l’aéroport d’Atlanta.

En 1973, l’ancienne MNT était devenue MSAD, un établissement public, à caractère industriel et commercial. Ses tapis sont vendus de 1 à 1,5 million le mètre-carré, selon son directeur général Aloïse Diouf.

Après des moments difficiles qui avaient fait dire à feu l’écrivain Mbaye Gana Kébé que ‘’la fleur de Senghor s’est fanée’’, des ‘’efforts significatifs’’ avaient permis de relancer l’entreprise, avec l’arrivée de deux nouvelles promotions, pour renouveler les effectifs.

Une politique de diversification des produits à travers le céramique, le batik, les tapis de sol et de prières a aussi vu le jour.
Une directive présidentielle ‘’un service, un tapis’’ encourageait les services à passer une commande auprès de cette entreprise.

Par sa valorisation du patrimoine culturel national et le professionnalisme de ses agents, les MSAD sont une ‘’fierté nationale’’, estime Abdoulaye Diop, qui compte les faire visiter au patronat, au club des investisseurs et aux directeurs généraux. Il souhaite que tous soutiennent ce fleuron culturel.

L’ambassadrice de la Namibie au Sénégal, Trudie Amulungu, s’est au nom de ses homologues, félicitée de cette découverte qui selon elle pourrait contribuer à ‘’renforcer la coopération entre le Sénégal et leur pays respectifs dans le domaine de la culture’’.

‘’Nous reviendrons certainement’’, a-t-elle promis.  

Les ambassadeurs ont tour à tour passé des coups de pinceau sur des tableaux représentant feu Bruno Diatta, ancien chef de protocole de la présidence de la République du Sénégal.

Un hommage rendu à un diplomate qui a accompagné tous les présidents du Sénégal indépendant, en présence de sa veuve Thérèse Turpin Diatta.
 

ADI/AKS