Festival du film de femmes de Salé : Hommage à la costumière Oumou Sy et à l’actrice Mouna Fettou
APS
SENEGAL-MAROC-CINEMA

Festival du film de femmes de Salé : Hommage à la costumière Oumou Sy et à l’actrice Mouna Fettou

De l’envoyée spéciale de l’APS : Fatou Kiné Sène

Salé (Maroc), 17 sept (APS) – La 13 ème édition du Festival international du film de femmes de Salé (FIFFS) au Maroc, s’est ouverte, lundi dans la soirée, par un hommage à la costumière sénégalaise Oumou Sy et à l’actrice marocaine Mouna Fettou. 
 
Les deux femmes de cinéma ont été récompensées par un trophée pour leur parcours "exceptionnel" par l’association Bouregreg, organisatrice du festival. La cérémonie s’est déroulée en présence de la présidente de l’association et du festival, Noureddine Chemaou, le maire de Salé, Jamaâ Moutassim. 
 
"C’est un hommage que nous rendons ce soir à une dame d’exception, l’ambassadrice de l’Afrique dans toute sa splendeur", a dit d’emblée la présentatrice de la cérémonie d’ouverture tenue à l’espace culturel cinématographique "Hollywood" Hay Karina implanté dans un quartier populaire de Salé. 
 
Le parcours de la styliste sénégalaise, créatrice des "Ateliers Leydi" au Sénégal a été présenté au public à travers une vidéo. Le journaliste et critique marocain Ahmed Boughaba est quant à lui revenu sur l’itinéraire et l’enfance d’Oumou Sy.
 
En remerciant le festival pour ce prix qui dit-elle, lui "va tout droit au cœur", la styliste sénégalaise a insisté sur "l’engagement de la femme à se prendre en charge". 
 
"C’est à 13 ans que j’ai ouvert mon premier atelier à Saint-Louis où il avait beaucoup de Marocains, j’ai commencé à préparer le couscous, à faire les tâches ménagères très jeune, Ce n’est pas cela le problème, mais une femme ou simplement un être humain doit se prendre en charge", a estimé Oumou Sy. 
 
Pour elle, "le destin, c’est Dieu qui le donne et non les parents, eux ils vous éduquent, vous donnent une bonne famille, mais la détermination doit venir de vous". 
 
"Merci beaucoup pour ce prix d’honneur, j’en ai reçu beaucoup dans le monde, dans la vie, mais celui-là me va tout droit au cœur parce que cela vient de la famille chérifienne et je suis très heureuse car ma famille m’a honorée aujourd’hui", lance-t-elle. 
 
Créatrice de mode pour le cinéma et le théâtre, écrivaine, Oumou Sy a laissé une "empreinte indélébile" et a développé des amitiés à travers des expositions et d’œuvres partout dans le monde, témoigne-t-on dans le catalogue du festival. 
 
Oumou Sy a travaillé pour de nombreux réalisateurs au Sénégal et à travers le monde, notamment Djibril Diop Mambety dont elle a assuré les costumes du film "Hyènes" ou encore Ousmane Sembène dans "Guelewaar", le Burkinabé Idrissa Ouédraogo pour son film "Samba Traoré" et le Français Bernard Giraudeau dans "Les caprices d’un fleuve". 
 
D’ailleurs, fait savoir Oumou Sy, parmi tous ces films, "Hyènes" du réalisateur Djibril Diop Mambety, est le premier long métrage qui l’a marqué. 
 
"Le film +Hyènes+ qui était notre film, notre premier long métrage qui restera toujours dans les annales. Pendant le travail de ce film, je me sentais comme une étudiante dans une grande école en train d’apprendre", se souvient la native de Podor qui est par ailleurs décoratrice et créatrice de bijoux. 
 
Elle présentera son ouvrage "Oumou Sy, sable et soie" publié par la fondation Prince Clauss ce mardi matin au siège du festival à l’hôtel Dawliz de Salé. 
 
L’actrice Mouna Fettou, la plus glamour" du cinéma marocain a quant à elle reçu aussi un trophée du festival. "Qu’est-ce qui fait qu’un acteur ou une actrice se distingue et garde une certaine constance tout au long d’une carrière ?, s’interroge un journaliste et critique de cinéma.
 
"La réponse est simple, beaucoup de cœur, d’engagement et énormément de sacrifices. Mouna Fettou est une femme de cœur, d’engagement, de sacrifice, sans concession et une battante dans la vie de tous les jours", a-t-il répondu.
 
L’édition 2019 du festival international du film de femmes de salé met en compétition douze films fictions dédiés à la femme et venant de plusieurs pays dans le monde, notamment France, Maroc, Belgique, Canada, Biélorussie, Autriche, Allemagne, Burkina Faso, etc. 
 
Cinq films seront en compétition dans la catégorie documentaire consacrée à la lutte des femmes pour l’égalité et contre la discrimination. Outre les projections qui vont se dérouler toute la semaine du 16 au 20 septembre, à plusieurs endroits de la ville, il est prévu un séminaire sur le thème "La femme dans le cinéma maghrébin et arabe : l’enjeu du droit et de la beauté".


FKS/OID/ASB