Les pouvoirs publics africains invités à accompagner les mutations de la musique
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SENEGAL–AFRIQUE–MUSIQUE

Les pouvoirs publics africains invités à accompagner les mutations de la musique

Dakar, 6 sept (APS) – Le directeur et fondateur de la plateforme ‘’Visa For Music’’, le Marocain Brahim El Mazned, a invité vendredi les pouvoirs publics africains à ‘’accompagner les mutations de la musique’’.
 
‘’Jamais on a autant consommé de la musique qu’aujourd’hui, avec cette accessibilité à partir des téléphones par exemple. Mais jamais les musiciens n’ont été dans une telle précarité. Ils ne sont plus sollicités parce que tout est déjà +sample+ (échantillon de musique qui peut être réutilisé)’’, a-t-il fait remarquer lors de la quatrième édition du Salon du journalisme musical, une rencontre organisée par le Goethe Institut de Dakar. 
 
Aujourd’hui, ‘’on n’a pas besoin d’un musicien de kora, car les sonorités existent avec la musique électronique, ce qui fait que beaucoup de métiers disparaissent, celui d’artisan de la kora par exemple ou le menuisier qui s’occupe du bois. Il n’y a plus de vente physique. Et énormément de choses disparaissent’’, a souligné Brahim El Mazned. 
 
Il estime que le secteur de la musique est aujourd’hui dans l’‘’anarchie’’. ‘’C’est pourquoi il faut [le] réguler.’’
 
‘’La musique traditionnelle africaine n’est plus enseignée dans nos conservatoires, qui sont restés dans l’enseignement de la musique occidentale. Plus on a d’instrumentistes passionnés, plus on va retrouver l’oreille des musiques de l’âme et non les musiques du pied, qui ne servent qu’à faire danser’’, a analysé Brahim El Mazned.
 
Il est important que les pouvoirs publics accompagnent les mutations de la musique, ‘’pour que nos expressions ne disparaissent pas’’.
 
‘’Si on veut faire la promotion de la musique sénégalaise ou celle d’un autre pays, il faut se doter d’outils, un marché d’export de la musique par exemple, de moyens pour la mobilité des artistes à l’étranger. Il faut faire en sorte que les droits d’auteur et les droits voisins soient respectés’’, ajoute le directeur de ‘’Visa For Music’’.
 
Le secteur de la musique a besoin aussi d’infrastructures et d’‘’un environnement propice’’, selon Brahim El Mazned, qui loue l’organisation du Salon du journalisme musical. Cette initiative, dit-il, permet de ‘’susciter le débat’’ et de ‘’mettre le doigt où cela fait mal’’. 
 
‘’Cela m’inspire de l’espoir parce qu’en posant le débat, on mène les réflexions pour faire avancer les choses. Les artistes, les médias, les managers et les promoteurs culturels arrivent à faire avancer les choses et à développer les industries musicales et créatives’’ grâce à des initiatives comme ce salon, affirme Brahim El Mazned.

FKS/ESF/ASG