Des recommandations fortes ont été faites à la conférence sur le développement et la dette (Macky Sall)
APS
SENEGAL-AFRIQUE-DEVELOPPEMENT

Des recommandations fortes ont été faites à la conférence sur le développement et la dette (Macky Sall)

Dakar, 3 déc (APS) – Des ‘’recommandations fortes’’ ont été faites en vue du développement économique de l’Afrique, lors de la conférence internationale organisée lundi à Dakar sur ‘’le développement durable et la dette soutenable’’, a déclaré mardi le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall.
 
‘’L’évènement a été un succès sur plusieurs plans, du fait du nombre et de la qualité des participants’’, a-t-il dit à la clôture de la conférence, qui a eu lieu au Centre international de conférences Abdou-Diouf (CICAD) de Diamniadio, une commune située à une trentaine de kilomètres à l’est de Dakar. 
 
Ses homologues du Bénin, Patrice Talon, du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, du Niger, Mouhamadou Issoufou, et du Togo, Faure Gnassingbé ont pris part à cette rencontre organisée par le gouvernement sénégalais, les Nations unies et le Cercle des économistes. 
 
Des représentants d’institutions internationales, dont la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, des experts et des représentants de la société civile ont également participé à la conférence.
 
‘’Nous avons discuté de manière conviviale, sans tabou, sur des questions de fond que nous pensons être au cœur de la dette, en relation avec le développement durable’’, a souligné Macky Sall.
 
‘’Notre pari était de faire en sorte que la conférence de Dakar contribue à faire converger une position de principe, qui soit consensuelle, sur un impératif délicat, la question de savoir comment trouver le juste équilibre entre le développement durable et la dette soutenable’’, a-t-il expliqué.
 
Selon M. Sall, ‘’au moins sept points’’ ont fait l’objet d’un consensus. Il s’agit, par exemple, de ‘’la nécessité’’ de renforcer la mobilisation des ressources internes fiscales et l’épargne publique pour financer le développement. 
 
Les participants se sont également mis d’accord pour ‘’améliorer de manière continue la gouvernance, les finances publiques et l’environnement des affaires’’. 
 
De même sont-ils parvenus à un accord concernant la nécessité de prendre en compte le changement climatique, les dépenses destinées à la sécurité et à la prévention des ‘’chocs terroristes’’. 
 
Les chefs d’Etat, les dirigeants des organisations internationales représentées et les experts ont évoqué les ‘’besoins’’ d’investissements et les ‘’urgences’’ dont il faut s’occuper ‘’pour relever la croissance économique, à l’échelle mondiale’’, selon le dirigeant sénégalais.
 
‘’Il est fortement recommandé que les partenaires techniques et financiers notamment, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), le FMI et la Banque mondiale tiennent compte de la valeur des actifs et des revenus potentiels dans l’analyse de la viabilité de la dette de nos pays’’, a souligné Macky Sall.
 
La conférence a permis de discuter de ‘’l’échange inégal’’, de ‘’la faible rémunération des matières premières’’ et du ‘’déficit encore persistant dans la création de chaînes de valeur, par la transformation locale des produits’’. 
 
La lutte contre l’évasion fiscale et l’industrialisation de l’Afrique ont été évoquées, selon M. Sall. 
 
La conférence a permis de relever le caractère ‘’exagéré de la perception du risque en Afrique’’, qui est de nature à ‘’renchérir davantage l’investissement et le coût de la dette’’, a-t-il ajouté. 
 
‘’Sur ce plan, nous nous sommes tous rendu compte qu’il y a un effort de sensibilisation à faire’’ pour emmener la Banque et le Fonds monétaire international à faire des notations et à donner ‘’des avis plus positifs’’, en tenant compte de ‘’la réalité’’ de chaque pays, a dit Macky Sall, ajoutant qu’il faut éviter la ‘’généralisation’’. 
 
‘’Nous avons réaffirmé la nécessité de poursuivre la collaboration féconde entre nos pays et les [partenaires] bilatéraux et multilatéraux, pour trouver les bases d’une gouvernance financière mondiale plus équitable, afin que l’Afrique, grâce à des investissements massifs, soit l’une des locomotives de la croissance mondiale’’, a-t-il poursuivi.

SBS/BHC/ESF/ASG