Greenpeace préconise une gestion commune des ressources halieutiques sous régionales
APS
AFRIQUE-PECHE

Greenpeace préconise une gestion commune des ressources halieutiques sous régionales

Dakar, le 31 Août 2018 – L’organisation non gouvernementale de protection de l’environnement, Greenpeace Afrique, a souligné vendredi à Dakar la nécessité pour les Etats membres de la Commission sous régionale des pêches (CSRP) à œuvrer à une gestion commune et effective des ressources halieutiques afin de résoudre définitivement la situation des pêcheurs artisanaux.

‘’Suite à l’arrestation, la semaine passée, de 22 pêcheurs sénégalais par les autorités mauritaniennes, Greenpeace Afrique exhorte les Etats ouest-africains, en particulier ceux membres de la Commission sous régionale des Pêches (CSRP) à aller vers une gestion commune et effective des ressources halieutiques de la sous-région’’, souligne l’OND dans un communiqué transmis à l’APS.

‘’Malgré, l’accord de pêche signé à Nouakchott, en marge du sommet de l’Union africaine des 1er et 2 juillet 2018, entre les ministres sénégalais et mauritanien de la pêche, Oumar Guèye et Nani Ould Chrouga, les tensions ne semblent pas s’estomper entre les deux pays voisins qui possèdent les côtes les plus poissonneuses de l’Afrique de l’ouest’’, explique Greenpeace Afrique.


“Cet accord, d’une durée d’un an renouvelable, a contribué certes à faire baisser la tension mais beaucoup de questions sont soulevées sur sa durabilité et son impact réel. Il semble que c’est une solution ponctuelle et très limitée qui a été apportée à un problème beaucoup plus profond qui prend de plus en plus de l’ampleur”, a soutenu indiqué Ibrahima Cissé, responsable de la campagne océans de l’ONG dans des propos rapportés par le communiqué.


“La stabilité et la paix sociale sont indispensables pour un développement économique harmonieux. Cela ne pourra pas se faire au détriment des populations de ces pays qui ont un destin lié à travers l’histoire. C’est pourquoi il est urgent de mettre ces dernières au cœur des politiques de développement dans une approche régionale inclusive basée sur des principes de transparence et de durabilité”, a ajouté Dr Cissé.

Des études menées entre 2010 et 2016 estiment à environ 1,9 milliard d’Euros par an les pertes attribuables à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) pour les Etats membres de la CSRP, rapporte le document. 

Greenpeace, qui cite des experts rappelle que près de 40 % du poisson pêché dans les eaux de l’Afrique de l’ouest sont illégaux alors qu’en environ 54 % de ces stocks sont surexploités ; traduisant ainsi la gravité de la situation.

‘’Du fait de la surexploitation des stocks au cours des deux dernières décennies, des changements climatiques, de la croissance démographique et de la raréfaction de la ressource, Greenpeace soutient que toutes les activités futures de pêche se doivent d’être durables, socialement équitables et économiquement viables pour pouvoir contribuer au bien-être des populations’’, fait-on remarquer.

AKS