Kaffrine : Des populations de Kélimane sensibilisées aux différentes formes de VBG
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SENEGAL-SOCIETE

Kaffrine : Des populations de Kélimane sensibilisées aux différentes formes de VBG

Kélimane (Kaffrine), 6 déc (APS) – Le village de Kélimane dans le département de Kaffrine (centre) a abrité, jeudi, une session de sensibilisation aux différentes formes de violence basée sur le genre à l’initiative de l’ONG Amnesty international, a constaté l’APS.
 
"Nous sommes à Kélimane dans le but de renforcer la sensibilisation sur toutes les formes de violences basées sur le genre. Nous avons discuté et échangé avec les populations de cette localité dans l’objectif de trouver des solutions par rapport aux violences notées dans nos sociétés", a expliqué la coordonnatrice départementale ’’Education aux droits humains’’ à Amnesty international, Aïssatou Sanou Gaye Mbodj. 
 
Pour trouver des solutions à ce fléau, a-t-elle estimé, "nous avons jugé nécessaire de partager avec ces populations sur les différentes formes de violences et recueillir en retour les différentes expériences particulières des uns et des autres".
 
Cela, a indiqué Mme Mbodj, "pour échanger conformément aux différentes dispositions réglementaires par rapport à tout ce que la loi dit sur toutes les formes de violence afin que ces populations puissent cesser ces pratiques". 
 
Selon elle, les violences conjugales sont surtout répandues dans la zone du village de Kélimane, situé dans la commune de Nganda.
 
’’Dans cette zone, on ne peut pas rester une seule journée sans qu’on nous parle de violence faites aux femmes ou de viol. Les femmes sont souvent battues par leur mari. Les violences conjugales sont répandues à Kélimane", a fait observer Mme Mbodj, soulignant que cette journée vise à sensibiliser sur les droits humains, situer le mal et essayer de trouver des solutions.
 
Aïssatou Sanou Gaye Mbodj a, par ailleurs, fait remarquer que dans la zone de Kélimane, "il y a un taux élevé de mariages précoces".
 
"Avec la scolarisation des filles, nous avons eu à mener une étude par rapport aux mariages précoces. Et, sur 10 collèges et 8 écoles élémentaires ciblées dans la commune de Nganda, nous avons 200 abandons dus à des mariages précoces", a révélé Mme Mbodj par ailleurs présidente régionale de la SCOFI, un programme de scolarisation des filles.
 
Le conférencier, Wandifa Mané a, lors de cette journée de sensibilisation sur l’éducation aux droits humains évoqué les violences émotionnelles, psychologiques, physiques, sexuelles et économiques.
 
"Toutes ces formes de violences rencontrées dans nos sociétés, dans nos maisons en particulier peuvent souvent aboutir à des résultats qui peuvent friser la catastrophe", a-t-il alerté.
 
"La société sénégalaise devient de plus en plus violente et cela est dû aux différentes formes d’agressions qui sont internes et extérieures à nous. Donc, il est nécessaire de regrouper tout le monde pour situer le mal", a-t-il suggéré.

MNF/ASB/OID