Ebola : le Sénégal ’’pas exposé à un risque spécifique’’ (responsable OMS)
APS
AFRIQUE-SANTE

Ebola : le Sénégal ’’pas exposé à un risque spécifique’’ (responsable OMS)

Dakar, 28 août (APS) - Le Sénégal n’est pas exposé à ’’un risque spécifique’’ lié à l’apparition de la maladie à virus Ebola sur son territoire, a assuré, mardi, à Dakar, le directeur de l’OMS en charge des urgences en Afrique, le docteur Socé Fall.


 

"Il y a toujours un risque qui existe quelque part, mais il n’y a pas un risque spécifique pour le Sénégal", a-t-il déclaré dans un entretien avec l’APS au deuxième jour des travaux de la 68e session du comité régional de l’OMS pour l’Afrique, ouvert lundi à Dakar.
 
Le risque Ebola "est élevé au niveau du Congo mais également au niveau régional quand il y a une épidémie à virus Ebola. En Afrique de l’Ouest, quand il y a eu Ebola, on a vu des personnes voyager en Amérique, en Europe", a ajouté M. Fall.
 
"En termes de règlement sanitaire international, nous ne pouvons pas arrêter la libre circulation des personnes et des biens mais nous devons nous assurer que les portes d’entrée soient bien surveillées, que le dispositif est en place pour détecter les cas", a indiqué le responsable de l’OMS.
 
Il a fait observer qu’en juillet dernier, les services sanitaires avaient "fini de lutter contre l’épidémie d’Ebola dans la région de l’Equateur en République démocratique du Congo, une semaine après, une nouvelle épidémie s’est déclenchée dans la province du Nord Kivu".
 
"C’est une province particulière à cause d’un conflit armé qui y sévit depuis plus de vingt ans avec 20 groupes armés actifs. C’est dans ce contexte que nous devons répondre à une épidémie particulièrement difficile proche de la frontière avec l’Ouganda et le Rwanda", a souligné a-t-il ajouté.
 
Il évoque désormais "111 cas au Nord Kivu", chiffre dépassant "largement la précédente épidémie où on avait 58 cas, mais l’incidence journalière des cas diminue. Il faut quand même maintenir la vigilance et redoubler d’efforts en allant plus vite que le virus pour arrêter l’épidémie".
 
"Nous travaillons actuellement avec les neufs pays qui sont frontaliers avec la République démocratique du Congo en mettant l’accent particulier sur l’Ouganda et le Rwanda, le Sud-Soudan, car ils sont plus proches de l’épicentre", a dit le responsable des situations d’urgence de l’OMS pour l’Afrique.
 
Selon Socé Fall, "tenant compte des conditions difficiles d’accès dans les zones, nous devons appliquer des mesures particulières pour que nos équipes soient en sécurité". 
 
"Au départ, a-t-il poursuivi, il était difficile de mettre en place une réponse complète mais avec l’appui des partenaires et de la mission des Nations unies, nous avons des équipes complètes qui font le travail dans l’identification active des cas, en termes de surveillance, en termes de prise en charge dans les centres de traitement adaptés".
 
Sur le plan vaccinal, "un vaccin expérimental qui est efficace a été utilisé lors de la dernière épidémie et qui est en train d’être utilisé actuellement", a fait savoir M. Fall.
 
"Toutes les personnes à risque sont vaccinées pour éliminer la chaine de transmission’’, a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de "contenir toutes les chaines de transmission de la maladie".
 
SKS/BK