Le petit commerce reprend timidement au marché Tilène, à Dakar
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Le petit commerce reprend timidement au marché Tilène, à Dakar

Dakar, 16 août (APS) - Quatre jours après la célébration de la fête musulmane de Tabaski ou Aïd-el-Kébir, les activités reprennent petit à petit à Dakar, comme c’est le cas au marché de Tilène par exemple, l’un des plus grands espaces marchands de la capitale sénégalaise, où la reprise du petit commerce rime avec cherté et rareté des marchandises.
 
Beaucoup de commerçants tardent à rejoindre les boutiques et étals, ce qui donne une ambiance timide à ce marché situé sur l’avenue Blaise-Diagne, l’une des plus grandes artères de la capitale.
 
Les marchands qui ont regagné leur boutique attendent une clientèle qui se fait désirer. Dans cette ambiance inhabituelle, une partie de la clientèle déplore la cherté des marchandises, les condiments par exemple. D’autres jugent cette hausse des prix normale, rappelant que les lendemains de fête riment souvent avec hausse des prix des marchandises. 
 
Pour Mame Diarra, vendeuse de légumes au marché de Tilène, la hausse des prix s’explique par la rareté de certaines denrées pendant l’hivernage. Cette commerçante, qui a regagné son étal depuis mardi, s’est vu confier les commerces de quelques amies qui sont encore hors de Dakar. 
 
Mame Diarra est très occupée par les activités commerciales, au contraire de sa voisine, Dieynaba Ba, qui dit ‘’regretter d’être revenue si tôt’’. 
 
‘’Il n’y a pas encore grand-chose ici. Le kilogramme de carotte m’a coûté 800 francs CFA, et ce ne sont même pas des légumes frais’’, s’inquiète Mme Ba d’un ton amer. Revenue du marché Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, elle déplore la faible affluence de la clientèle dans les marchés dakarois durant les jours suivant la Tabaski. Un brin optimiste tout de même, elle pense que ‘’la situation va s’améliorer dans les jours à venir’’. 
 
‘’Depuis la Tabaski, on ne mange que de la viande. Aujourd’hui, les enfants m’ont demandé de leur préparer du riz au poisson’’, dit Oumou Kaltoum, regrettant que ce fruit de mer est ‘’presque introuvable et coûte cher’’.
 
Cette ménagère compte se rabattre sur le poisson séché, en attendant le retour du poisson frais sur les étals. Khadidjatou Dème se voit, elle aussi, obligée de changer de menu pour le bonheur de ses enfants. Mais elle se désole, comme Oumou Kaltoum, de la cherté et de la rareté du poisson.
 
‘’Ce n’est pas seulement à cause de la fête que le poisson est rare. C’est aussi parce qu’on est en période hivernale. Et les pêcheurs ne vont pas régulièrement en mer durant cette période’’, explique Mame Ndiaye.
 
Du poisson, cette vendeuse âgée d’une quarantaine d’années en achète la caisse à 30.000 francs CFA, un prix qu’elle juge élevé, qui réduit ses bénéfices.
 
Le poisson séché semble avoir la cote en raison de la rareté du poisson frais. Les commerçantes qui en vendent se frottent les mains, selon l’une d’elles, Fatoumata Siga. 
 
Au marché Tiléne, le commerce des produits cosmétiques aussi reprend timidement. ’’La clientèle revient petit à petit, et tout se passe bien’’, assure Moussa, l’un des commerçants, qui a repris jeudi ses activités.
 
Sabaly, un tailleur malien du marché Tilène, dit avoir regagné son atelier dès le lendemain de la Tabaski, pour livrer certaines commandes. ‘’Les pèlerins (les fidèles partis aux lieux saints de l’islam en Arabie Saoudite) doivent revenir dans quelques jours. Je suis obligé de reprendre les activités à temps’’, dit-il.
 
NON/SMD/ESF/OID