Réunion du comité ministériel du GIABA : Blanchiment des capitaux, financement du terrorisme au menu
APS
AFRIQUE-GOUVERNANCE-SECURITE

Réunion du comité ministériel du GIABA : Blanchiment des capitaux, financement du terrorisme au menu

Saly-Portudal (Mbour), 16 nov (APS) – La 21ième réunion du comité ministériel des pays-membres du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) s’est ouverte samedi à Saly-Portudal (Mbour, ouest), a constaté l’APS.

La rencontre est axée, entre autres, sur les enjeux liés au blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme et leurs conséquences néfastes sur les économies des Etats.
 
Au total, 21 des 45 ministres de tutelle (ministres en charge de l’Economie et des Finances, de la Justice, de l’Intérieur et/ou de la Sécurité) sont présents à cette rencontre.
 
Selon le directeur général du GIABA, le togolais Kimelabalou Aba, la ‘’présence massive’’ des ministres de tutelle du GIABA, témoigne de l’importance que ces derniers accordent à ’’la salubrité publique et la protection des systèmes financiers des Etats-membres contre une utilisation détournée aux fins de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme’’.
 
’’Notre communauté est le théâtre de nombreuses attaques terroristes qui deviennent, de plus en plus, banales et quotidiennes dans certains pays de notre espace communautaire, notamment au Nigeria, au Mali, au Burkina Faso et au Niger’’, a-t-il relevé.
 
Il fait noter, par ailleurs, que les eaux du Golfe de Guinée, notamment celles au large du Bénin et du Togo ont connu également une recrudescence des attaques de pirates après une accalmie de quelques années.
 
’’Cette situation nous amène à dire que notre cher espace communautaire semble être pris en étau, sinon entre l’enclume des pirates dans les mers du Sud et le marteau des terroristes dans le Sahel au Nord’’, s’est alarmé le directeur général du GIABA, pour qui, ‘’ces attaques sont lourdes de conséquences’’.
 
A l’en croire, ces attaques occasionnent, non seulement, de nombreuses pertes en vies humaines, des blessés et mutilés de guerre, des prises d’otages, mais elles paralysent également toutes les activités dans les localités les plus affectées, avec des fermetures d’écoles, des structures sanitaires, de commerces et autres services publics et privés de base.
 
’’Les gouvernements sont, par conséquent, obligés de mobiliser et de consacrer davantage de ressources pour faire face à ces attaques, en vue d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens ainsi que la pérennité de l’Etat, au détriment des projets de développement’’, a lancé Kimelabalou Aba.
 
Il a, en outre, présenté les condoléances les plus attristées du Secrétariat du GIABA et de l’ensemble de la communauté de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) aux pays victimes de ces ‘’actes lâches et barbares’’ perpétrées par des ‘’individus sans foi ni loi’’.
 
Pour le ministre des Finances du Niger, Mamadou Diop, président du comité ministériel du GIABA, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ne cessent de prendre de l’ampleur et débordent le cadre des frontières nationales dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
 
’’Les activités criminelles mobilisent des moyens financiers importants et profitent des avancées de la science et de la technologie pour devenir de plus en plus sophistiquées et pernicieuses. Notre engagement à lutter contre ces fléaux doit rester ferme et notre vigilance constante’’, a-t-il soutenu.
 
’’C’est pourquoi nous attachons du prix à ce genre de rencontres qui nous offrent l’opportunité de mettre en place les mécanismes les plus pertinents pour combattre la criminalité financière. La sécurité est un enjeu et une condition préalable au développement’’, a conclu M. Diop.
 
ADE/OID