L’éducation arabo-islamique connaît un regain d’intérêt sur le continent (experts)
APS
SENEGAL-AFRIQUE-EDUCATION

L’éducation arabo-islamique connaît un regain d’intérêt sur le continent (experts)

Dakar, 11 oct (APS) - Des universitaires et chercheurs en sciences sociales ont mis en évidence, mercredi à Dakar, le regain d’intérêt que connaît actuellement en Afrique l’éducation arabo-islamique de la part des acteurs aux profils, motivations et modes opératoires différents.
 
Ils prenaient part à une conférence intitulée "Etats réformateurs et éducation arabo-islamique en Afrique", organisée par le Groupe interdisciplinaire de recherche sur l’éducation et les savoirs (GIRES), en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Étaient également présents à cette conférence tenue à la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (FASTEF. ex ENS), des responsables d’écoles coraniques, des inspecteurs de l’enseignement, des cadres du ministère de l’Education nationale et des parents d’élèves.

"L’objectif de cette conférence est d’offrir à la communauté éducative un cadre de débats scientifiques sur l’éducation arabo-islamique et d’interroger ses caractéristiques, ses rôles et ses efforts dans le contexte africain en général et sénégalais en particulier", a déclaré le coordonnateur du GIRES, Pr Amadou Sarr Diop.

Le Pr Diop a par ailleurs indiqué qu’"en Afrique subsaharienne où la dualité des systèmes éducatifs, issue de la juxtaposition des influences arabo-musulmanes d’abord, européennes ensuite est plus marquée, la pluralité des normes et des jeux d’acteurs est de nos jours des plus vives en ce qui concerne les politiques éducatives".

La méfiance envers l’école occidentale n’est pas forcément un rejet, "mais traduit le refus d’une école conçue en dehors des préoccupations endogènes", a encore fait valoir le Pr Amadou Sarr Diop. Et de se demander si on doit s’oublier au nom de "l’universalisme ambiant ou inventer une façon d’être avec les autres dans le vécu de notre propre identité".

Le représentant de l’AFD, Rohen D’Aglepierre, a pour sa part invité les chercheurs à se pencher sur cette thématique "fondamentale et longtemps négligée en Afrique" et à avoir "le recul nécessaire pour pouvoir poser les bonnes questions pour ainsi obtenir les bonnes réponses".

Il a également noté le poids symbolique que représente cette offre éducative "alternative". "Plus de 1,4 million d’enfants au Sénégal (en 2011) hors du système formel sont absorbés par l’enseignement traditionnel musulman (non pris en compte dans le taux de scolarisation). Un taux plus élevé dans des pays comme le Tchad, le Nigeria ou les Comores", a déclaré Rohen D’Aglepierre.

Il a, sous ce rapport, appelé les pouvoirs publics, à créer des conditions pouvant permettre aux parents d’élèves qui choisissent cette offre éducative de pouvoir assumer leur choix.

Il a aussi souligné que malgré les idées reçues comme "la violence scolaire, la mendicité ou le terrorisme", cette offre éducative "n’est pas l’apanage d’une catégorie sociale pauvre comme on le pense", mais plutôt celle d’"une catégorie intermédiaire qui se tourne vers ces écoles, si elle n’est pas satisfaite de l’offre du système formel".

"Pour réussir les objectifs de l’éducation pour tous, il faudra forcément intégrer cette offre éducative dans les systèmes formels", a renchéri M. D’Aglepierre.

SMD/ASG/ASB/PON