Thiès : l’imam Babacar Ngom met en garde contre l’injustice, facteur de crise
APS
SENEGAL-TABASKI-SERMON

Thiès : l’imam Babacar Ngom met en garde contre l’injustice, facteur de crise

Thiès, 21 août (APS) - L’imam Babacar Ngom a mis en garde mardi les musulmans contre l’injustice, facteur de crise, dans son sermon suivant la prière de l’Aïd el-kébir, célébrée le même jour au terrain "Tound-Wi" à Thiès par une partie de la communauté musulmane de la capitale du rail.

Dans son sermon d’un peu plus de 15 mn, l’imam Ngom a détaillé pour les décrier différentes formes d’injustice, des croyants vis-à-vis du créateur, mais aussi entre les croyants eux-mêmes, entre les enfants et leurs parents, les gouvernants et les gouvernés, les employés et leurs employeurs ou encore entre les conjoints.
 
S’appuyant sur des références du Coran et des hadiths, il a souligné la gravité de l’injustice. "Ô mes serviteurs ! Je me suis interdit l’injustice et je l’ai interdite entre vous, ne soyez injustes les uns envers les autres, a dit le Seigneur", a lancé l’imam Ngom, citant un hadith.
 
Il a évoqué trois formes d’injustice commises par les hommes. La plus grande injustice, a-t-il dit, consiste en ce que l’être humain associe une personne ou une chose quelconque dans le culte rendu à Dieu qui l’a créé, a-t-il expliqué. 
 
Allah ne pardonne pas un tel péché, a relevé l’imam Ngom, responsable d’un "dara" (école coranique) doublé d’une mosquée.
 
La deuxième forme d’injustice que Dieu ne peut pardonner, consiste à désobéir aux commandements du Créateur et la troisième, celle qui prévaut entre les hommes eux-mêmes, à condition que ceux qui en sont victimes pardonnent d’abord, a-t-il poursuivi.
 
La désobéissance à ses parents, l’orgueil à leur égard ou la négligence à leur endroit, surtout quand ils ont atteint la vieillesse, au profit de son épouse et de ses enfants, est une injustice, a-t-il noté. 
 
De la même manière, les parents font acte d’injustice en ne donnant pas une éducation, notamment islamique à leurs enfants, et en ne subvenant pas à leurs autres besoins vitaux, selon leurs moyens.
 
"Les dirigeants commettent une injustice envers les musulmans en les jugeant selon une loi autre que celle musulmane", a-t-il poursuivi.
 
La partialité dans la conduite des jugements, qui amène des juges à avoir la main lourde contre les petits délinquants et à être très indulgents à l’égard des grandes personnalités politiques, des riches, ou de personnes jouissant d’un certain prestige, tout comme les longues détentions, sont aussi des injustices commises à l’endroit des justiciables, a-t-il relevé.
 
Dans le domaine de l’emploi, le non-respect des contrats, le non-paiement et les retards de salaire, l’augmentation du temps de travail non suivi d’augmentation de salaire, entre autres, qui sont le fait de certains employeurs sont des formes d’injustice.
 
S’agissant des employés, ils font aussi preuve d’injustice en arrivant en retard au travail ou en s’absentant tout en faisant croire qu’ils sont malades, alors qu’ils ne le sont pas, ou encore en utilisant des biens de leur employeur sans son accord.
 
Une autre forme d’injustice grave est celle commise à l’égard des orphelins, laquelle consiste à utiliser indûment leur héritage avant qu’ils ne soient majeurs ou à les maltraiter, sous quelque forme que ce soit. 
 
"Toutes ces injustices font partie des facteurs de crise dans une société" et "peuvent favoriser la sécheresse", a commenté l’imam, avant d’inviter les musulmans à se repentir des injustices qu’ils ont commises et à s’en abstenir pour le restant de leur vie. 
 
Il a cité le propos d’une ancienne figure de l’islam, selon lequel "l’injuste, celui qui l’aide et celui qui approuve l’injustice, sont tous pareils".
 
D’autres lieux de prières comme la mosquée Bilal ou la mosquée omarienne, située non loin de la gare routière, ont également accueilli des fidèles pour la fête de l’Aïd que la majorité des musulmans sénégalais célèbre mercredi.
 

ADI/BK