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De "Jeunes ambassadeurs" dans une dynamique de partage de bonnes pratiques pour la promotion de la PF

+++De l’envoyée spéciale de l’APS : Adama Diouf Ly+++


Bali (Indonésie), 1-er fev (APS) - Les Jeunes ambassadeurs pour la promotion de la planification familiale en Afrique de l’Ouest francophone membres d’une Alliance régionale sont dans une dynamique de partage d’expériences et de bonnes pratiques entre réseaux nationaux afin de venir à bout des ’’barrières socio-culturels, des réticences et politiques non favorables à ’accès des jeunes aux informations sur la santé sexuelle et reproductive’’.

Présents à la Conférence Internationale sur la Planification familiale qui a pris fin à Bali (Indonésie), les jeunes leaders ont fait part de leur volonté de "travailler ensemble pour faciliter au moyen de stratégies efficaces l’accès à l’information et aux services de la santé de la reproduction aux adolescents et aux jeunes de leur pays".

Appartenant à des environnements socio-culturels divers, avec des réalités différentes, les associations de jeunes à travers l’Afrique de arrivent pourtant à mutualiser leurs efforts à travers un partage d’expériences et de bonnes pratiques.

"On n’a pas les mêmes valeurs, ni les mêmes aspects culturels mais on essaye d’adapter le message à la population cible en tenant compte du contexte", a expliqué la jeune mauritanienne Dieynaba Ndiom, présidente de l’Alliance régionale des réseaux des jeunes ambassadeurs pour la planification familiale mise en place à cet effet.

Par exemple, ’’la question du sexe est très taboue en Mauritanie contrairement au Bénin’’, selon la jeune Dieynaba. "On ne parle pas d’utilisation de contraceptifs directement et à tout bout de champ parce que la question est très taboue, mais on insiste sur l’information, la sensibilisation", a-t-elle dit dans un entretien accordé à l’envoyée spéciale de l’APS par des présidents de réseaux de jeunes ambassadeurs francophones.

"Au niveau de la région africaine, surtout en Mauritanie, la religion avec les discours de certains religieux, les pesanteurs sociales restent toujours une barrière pour l’accès des jeunes à la planification familiale", a ajouté la présidente de l’Alliance régionale pour la planification familiale, Dieynaba Ndiom.

Pour la mauritanienne, le Réseau des jeunes ambassadeurs en faveur de la PF est "un concept nouveau en phase de gestation". L’accès des jeunes aux méthodes de contraception familiale est interdit par la loi mais en même temps, les activités de sensibilisation pour la santé de la reproduction des jeunes sont tolérées dans les écoles, les lieux publics, a expliqué la jeune mauritanienne.

"Le discours religieux est très écouté et il faut toujours s’y accroché pour faire passer les messages. Pour qu’on ait plus de panélistes jeunes, plus de participants", a expliqué Dieynaba Ndiom.

Au Bénin, où la question religieuse n’est pas très prégnante comme en Mauritanie ou au Sénégal,

"L’Association béninoise pour le markéting social et la communication pour la santé, Ong locale associée à Population service Internationale (PSI) a mis en place des centres conviviaux pour les jeunes avec des espaces de jeux, une bibliothèque, l’accès à Internet aux côtés des services cliniques", a expliqué le président du Réseau des jeunes ambassadeurs, Augustin Assaba, membre de l’Alliance.

"C’est une lourde tâche, une mission de longue qu’on ne peut accomplir d’un coup, mais une approche multisectorielle et un échange d’expériences entre jeunes peut arriver à bout des réticences", a-t-il ajouté.

Au Bénin, a-t-il rappelé, "le Gouvernement avait pris l’engagement lors du Sommet de Addis Abeba en 2013 de mettre gratuitement à la disposition des jeunes les méthodes de contraception modernes. Cet engagement devait être effectif en 2015, on est en 2016 et rien n’a été fait".

"Il n’y a vraiment pas une étude pour voir comment les jeunes voudraient que ces différentes méthodes soient mises à leur disposition et c’est là toute la question", a-t-il souligné.

Les jeunes demandent à leurs gouvernements de faire "beaucoup plus d’efforts mais l’idée c’est d’intéresser les jeunes à adopter ces différentes méthodes", a estimé Augustin Assaba.

"Vous ne pouvez pas vous abstenir, vous êtes actifs sexuellement, protégez vous", reste le message à délivrer aux jeunes partout où ils se trouvent, selon le président de l’Association "Parole aux jeunes", le sénégalais Mandiaye Petit Badji.

Il s’agit, pour lui, de "permettre aux jeunes d’accéder aux services de santé de la reproduction, selon leur choix sans être stigmatisés". 

"Les décisions des jeunes concernant la planification familiale sont d’importance critique pour leur santé et droits sexuels et reproductifs et bien trop souvent, les jeunes sont confrontés à des obstacles qui limitent leur accès aux méthodes de contraception moderne de leur choix", a souligné le président du Réseau des jeunes ambassadeurs pour la promotion de la PF au Mali, Edouard Keïta.

Les normes culturelles, le manque de ressources financières et les priorités politiques comptent parmi les principales barrières à l’utilisation de la contraception chez les jeunes, a-t-il souligné.

Aujourd’hui, "la principale couche cible pour la planification familiale doit être la jeunesse pour l’atteinte des objectifs de Planification familiale 2020 puisque ce sont les jeunes qui sont appelées à former des couples".

En tant qu’acteurs clés, les jeunes doivent être impliquées au premier niveau aussi bien par les gouvernements qui mènent les programmes que les partenaires techniques et financiers, a plaidé Edouard Keïta, un des 350 jeunes invités à prendre part à la 4ème CIPF.

En effet, ce sont les jeunes filles et adolescentes qui sont le plus souvent victimes de grossesses non désirées, de violences sexuelles, d’avortement provoqué par manque d’informations ou problèmes d’accès aux services de la santé de la reproduction, a-t-il relevé.

Des problèmes sont souvent, pour ces filles, des causes de dislocation familiale, de perturbations dans la suite de leurs études ou même la fin de la scolarisation dans de nombreux cas.

"On ne doit plus croiser les bras, nous devons faire de notre mieux, non seulement dans les activités de promotion familiale pour l’accès universel aux produits contraceptifs, mais jouer un rôle de plaidoyer auprès des leaders religieux, des leaders communautaires, du gouvernement des parlementaires", a-t-il souligné.

"Le plus important dans un premier temps c’est l’information, la sensibilisation pour l’abstinence avant de s’adresser à ceux qui sont déjà sexuellement actifs", ont soutenu les Jeunes ambassadeurs de la PF.

Stratégie partagée en Côte d’Ivoire où le Mouvement estudiantin pour sensibilisation contre le VIH (MESSI) se pose également comme porte-voix pour la promotion de la PF.

Divers canaux de communication sont utilisées pour informer les jeunes tels les réseaux sociaux (facebook, twitter…) pour partager avec les jeunes l’information de façon simple, accessible et à moindre coût. Nombre d’engagements pris lors du Sommet de Londres de 2012 sur la Planification Familiale (PF2020) se sont concentrés sur l’augmentation de l’égalité et l’accès à la planification familiale parmi les jeunes populations.

La CIPF 2013 d’Addis Abeba (Ethiopie) a permis de souligner les besoins pour maximiser la santé sexuelle et reproductive des jeunes. Pour la CIPF de Bali, les jeunes ont, pour cette fois, pris part aux différentes sessions en présentant des communication ou comme modérateurs de sessions .

ADL/PON