L’épidémie de dengue de 2018
APS
SENEGAL-EPIDEMIE-GESTION

L’épidémie de dengue de 2018 "a été très bien gérée" (responsable)

Thiès, 13 juin (APS) - L’épidémie de dengue qui avait frappé le Sénégal de septembre à décembre 2018 "a été très bien gérée", a indiqué jeudi à Thiès, le docteur Boly Diop, chef de la Division surveillance épidémiologique et riposte vaccinale du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

"Les principaux enseignement tirés (de l’épidémie passée) c’est que le pays a répondu de façon prompte à l’épidémie, parce que ce sont les premiers cas au Sénégal qu’on a eu à diagnostiquer", a-t-il dit en marge d’une rencontre d’évaluation et de préparation organisée dans la cité du rail. 


"Sur un total de 3.003 cas suspects prélevés, il n’y avait que 377 qui étaient confirmés (...), parmi lesquels il y a eu qu’un seul cas de décès", a relevé le docteur Boly Diop, jugé ce résultat "excellent", même si toute perte de vie humaine est à déplorer.

"Pour dire que l’épidémie a été très bien gérée avec la tenue régulière des instances de coordination aux niveaux national, régional et local", a-t-il poursuivi.

Il a cité parmi "les facteurs de succès", le fait que devant tout cas confirmé de dengue, l’équipe locale se déplaçait chez la personne affectée pour détruire les gîtes larvaires.

Des "actions d’envergure" de destruction de gîtes larvaires avaient été menées dans les trois localités les plus touchées par l’épidémie, à savoir Fatick, Touba et Richard-Toll.

De même a-t-il salué l’implication de la communauté, à travers la formation d’acteurs pour identifier les endroits où dorment les moustiques vecteurs, pour les éliminer et freiner la propagation de la maladie.

L’une des "bonnes pratiques" a été aussi "une communication constante" par voie de presse, a relevé le responsable. 

Une conférence de presse nationale faisant suite aux premiers cas déclarés, avait permis de rassurer les populations sur le fait que la maladie était maîtrisée, bien que le nom soit "lourdement chargée", a-t-il rappelé.

Selon le docteur Diop, la dengue est présente au Sénégal depuis les années 1970, mais il s’agissait de "cas mineurs", la première grande épidémie étant survenue en 2009, avec 155 cas. Elle était suivie de celle de 2017, avec 138 cas.

La revue après action entamée mardi à Thiès et qui doit se poursuivre jusqu’à samedi, devrait permettre aux acteurs venus de huit régions du pays, de se préparer trois mois à l’avance, avant toute déclaration de l’épidémie, qui intervient au Sénégal en général entre août et décembre. 

La dengue étant une maladie vectorielle transmise par un moustique qui pique dans la journée, elle peut être prévenue par une bonne éducation de la population, et à travers la destruction des gîtes larvaires, pour interrompre la chaîne de transmission, a-t-il expliqué.

Il s’agit, entre autres, de pneus usités, briques, de pots de fleurs, canaris qui servent de lieux de reproduction de ces moustiques dans les maisons et alentours.

Le service d’hygiène est aussi partie prenante de la lutte, tout comme des entomologistes qui mènent des études pour déterminer si les insectes peuvent transmettre la maladie.

L’enveloppe qui a été mobilisée pour faire face à l’épidémie avait tourné "autour de 30 à 40 millions de francs CFA", a dit le chef de la surveillance épidémiologique et riposte vaccinale.


ADI/BK