Sensei Bouna Ndao, responsable du Karaté Club Sauvegarde de Guédiawaye :
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Sensei Bouna Ndao, responsable du Karaté Club Sauvegarde de Guédiawaye : "Je suis un homme comblé"

Thiès, 5 août (APS) - Sensei Bouna Ndao, responsable du "Centre Sauvegarde’’ de Guédiawaye, club de karaté le plus titré du Sénégal, a dit être "un homme comblé", après les derniers résultats obtenus par ses poulains en championnat.

Le club du "Centre Sauvegarde" de Guédiawaye, devenu une fabrique de champions depuis sa création en 1970, a remporté samedi au stadium du stade Lat-Dior de Thiès, le championnat du Sénégal en karaté par équipes, aussi bien en "kata" (démonstrations) qu’en "kumité" (combats) chez les hommes.
 
"Sauvegarde a tout raflé", a-t-il dit arborant un large sourire, les deux trophées sous ses aisselles, 
 
De médaillé de bronze en 2017 en "kata" et "kumité", le club de Guédiawaye s’est retrouvé avec l’or dans les deux catégories, cette année.
 
Toutes les deux équipes victorieuses de "Sauvegarde" ont été coachées par Serigne Thiam et Mamadou Touré, deux anciens élèves de Sensei Bouna Ndao.
 
Il s’agit de Ousmane Wilane, Madaga Guèye, Mody Diouck, Lamine Diome et François Diouf, en combats, Omar Diop, Ousmane Wilane et Madaga Guèye formant l’équipe de "kata". 
 
A 75 ans, Bouna Ndao, ceinture noire, 6-ème dan de karaté, ajoute de nouvelles médailles et de nouveaux trophées au palmarès doré de son club. 
 
"Depuis sa création en 1970, dit-il, nous avons mis sur pied deux champions du monde et 40 champions d’Afrique", sans compter que le "Centre Sauvegarde’’ s’est hissé 46 fois sur des podiums internationaux au cours de cette période. 
 
La 46-ème fois, c’était avec François Diouf, le champion d’Afrique en titre.
 
Pour Sensei Bouna Ndao, le 4 août 2018 sera inscrite au nombre des dates qui l’ont agréablement marqué. Il a notamment évoqué 1996, quand Yaye Amy Seck a été sacrée championne du monde, 2000, marquant le titre de vice-champion du monde de son fils Fodé Ndao. Il y a aussi 2003, année où un autre pensionnaire de "Sauvegarde" avait décroché le titre mondial.
 
Bouna Ndao, fait chevalier de l’Ordre national du Lion par le président Abdou Diouf et officier de l’Ordre national du Lion par le président Abdoulaye Wade, a été entraîneur national pendant deux ans.
 
"Tout ce que j’ai donné au karaté, le karaté me l’a rendu. Je suis un homme comblé", jubile cet enseignant de profession, satisfait d’avoir occupé "tous les postes de technicien". 
 
Interpellé sur le secret de la réussite de "Sauvegarde", il lance : "Nous travaillons tout le temps". Il ajoute à cela le fait que "dans la banlieue, les gosses sont intelligents" et parviennent à s’en sortir malgré les conditions difficiles. "Ils quittent (chez eux) tôt le matin, pour aller à l’école où ils passent la journée", mais ils viennent malgré tout s’entraîner, selon lui
 
Sensei Bouna Ndao se rappelle avec émotion de ses anciens maîtres de karaté Cheikhou Tall de Kaolack et le célèbre Alioune Badara Samb, dit Zapata. "Ils m’ont propulsé vers l’avant".
 
Le capitaine de l’équipe, François Diouf, champion d’Afrique en titre, raconte que la préparation a démarré bien avant la compétition. 
 
"Pendant le Ramadan, on faisait des séances intenses en étant à jeun. On arrêtait juste avant la rupture. Nos familles ne nous reconnaissaient plus", a-t-il expliqué.
 
Les pensionnaires du centre alliaient cela avec leurs études et leurs métiers respectifs, a-t-il précisé, ajoutant que "Sauvegarde est une école de formation  où l’on vous apprend la vie et beaucoup de choses". 
 
Les élèves de "Sauvegarde" scrutent à l’horizon d’autres défis à relever, motivés par une fois de victoires restée intacte.
 
François Diouf, champion d’Afrique en titre lors des derniers championnats continentaux disputés au Cameroun, espère par exemple faire partie de la prochaine sélection nationale, pour conserver son titre. Il pense aussi aux Jeux olympiques de 2020 au Japon. 
 
 
 
 
 

ADI/BK