La CAN en été, un nouveau produit d’appel à l’intention des binationaux
APS
AFRIQUE-MONDE-FOOTBALL

La CAN en été, un nouveau produit d’appel à l’intention des binationaux


Dakar, 23 mai (APS) - La programmation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en été, correspondant à une période de coupure dans les championnats européens, devrait favoriser une ruée des internationaux d’origine africaine nés en Europe vers les sélections du continent.

Le cas du du Lyonnais Jérémy Morel qui a intégré les Baréas de Madagascar est symbolique de cette tendance.

 
Ce dernier, âgé de 34 ans, a certes perdu sa place de titulaire chez les Gones et n’a aucune chance de retrouver les Bleus, mais il reste que la programmation de la CAN en juin plutôt qu’en janvier et février, ouvrira de nouvelles perspectives aux sélections africaines.
 
Outre le cas Jérémy Morel, on peut citer la grande offensive du Montpelliérain Andy Delort, qui est allé chercher son passeport algérien pour se faire appeler par Djamel Belmadi pour la CAN 2019 (21 juin au 19 juillet).
 
Alors qu’il était jusque-là difficile pour des internationaux de quitter leurs clubs en début d’année, sous peine de ne plus pouvoir se faire une place, la nouvelle programmation de la CAN fait sauter une hypothèque au grand plaisir des clubs
employeurs de ces joueurs.
 
S’y ajoute que cette programmation en été, période de vacances avec en perspective la possibilité de jouer de grandes compétitions comme la CAN, la Coupe du monde ou la Coupe des confédérations, est un atout non négligeables entre les mains des Fédérations africaines d’autant plus armées pour négocier l’arrivée des binationaux.
 
L’ancien joueur de l’OM, Giannelli Imbula, longtemps hésitant à l’idée de rejoindre de la RD Congo, a ainsi pu dire finalement oui à Florent Ibenge pour la CAN 2019.
 
Il est vrai que l’ancien Marseillais, cité parmi les grands espoirs du football français, tarde jusque-là à confirmer tout son potentiel et les attentes placées en lui.
 
La Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Guinée Côte qui attendent le oui de plusieurs joueurs à fort potentiel évoluant en France, devraient voir leur cour assidue couronnée de succès dans un avenir très proche.
 
Si certains continuent d’hésiter, la présence dans ces sélections de stars mondiales comme Sadio Mané (Liverpool, Angleterre), Mohamed Salah (Liverpool, Egypte) et Kalidou Koulibaly (Naples, Italie), pour ne citer que ces joueurs, devraient finir par convaincre les plus sceptiques.
 
L’Ivoirien Nicolas Pépé, élu meilleur footballeur africain de la Ligue 1 française en 2019, devrait aussi contribuer à décoincer certains de ses compatriotes qui hésitent à rejoindre les Eléphants, à l’image de Jonathan Bamba, dernièrement appelé chez les Bleuets pour l’Euro Espoirs 2019.
 
De plus, ajouté à ces circonstances favorables, la professionnalisation continue des équipes nationales aiderait ces joueurs nés en Europe, à se convaincre qu’ils peuvent avoir un plan de carrière avec les sélections africaines.
 
L’un dans l’autre, la nouvelle programmation devrait s’avérer à terme comme un vrai produit d’appel, surtout après l’annonce de la décision de la FIFA de surseoir à l’ouverture de la Coupe du monde 2022 à 48 équipes, en attendant l’édition 2026. Un projet qui était censé favoriser une plus grande participation africaine au Mondial, un moment d’exposition prisé des footballeurs.
 
Avec l’augmentation du nombre de pays en Coupe du monde, l’Afrique peut compter jusqu’à 10 équipes nationales pour l’édition 2026, une possibilité pour les joueurs de prendre part à cette compétition qui fait rêver tout footballeur.
 
La volonté de courtiser les binationaux doit toutefois aller de pair avec des politiques de développement du football sur le plan local, compte tenu des importants moyens que la FIFA met désormais à la disposition de tous ses membres, les fédérations africaines, en premier.
 
Les programmes "Forward 1.0" et ’’Forward 2.0", ce dernier volet, lancé cette année, devant se poursuivre jusqu’en 2023, se présentent à cet effet comme des niches financières sur lesquelles les fédérations peuvent compter pour former des techniciens, des joueurs et réaliser davantage d’infrastructures sportives.
 
SD/BK