Agence de Presse la plus utilisée dans les mediats en Afrique de l'Ouest francophone selon une étude de l'organisation internationale de la francophonie rendue publique en Septembre 2005 à Ouagadougou

 

SENEGAL-POLITIQUE-NECROLOGIE-PORTRAIT1

Mamadou Dia, son itinéraire politique avant l’indépendance

25/01/2009 20:00 GMT

Dakar, 25 jan (APS) - D’origine paysanne, Mamadou Dia l’ancien président du Conseil décédé dimanche matin à Dakar à l’âge de 98 ans est né à Khombole, dans le cercle de Thiès, le 18 juillet 1910 (ou vers 1910, comme le porte le jugement supplétif du tribunal de Khombole en date du 31 mai 1954). Selon ce document, il s’appelle Mamadou Moustapha Dia.

Ancien élève de l’école primaire supérieure Blanchot à Saint-Louis, puis de l’Ecole normale William Ponty, il est titulaire du baccalauréat quand il exerce les fonctions d’instituteur, puis de directeur d’école. Il poursuit des études supérieures en sciences économiques à l’université de Paris.

Membre du Grand conseil de l’A.O.F. depuis 1947, secrétaire général du Bloc démocratique sénégalais depuis 1948, Mamadou Dia est élu sous cette étiquette au Conseil de la République le 14 novembre 1948 par 18 voix sur 48.

De nouveau candidat du B.D.S. le 18 mai 1952, il est reconduit au Sénat par 15 voix sur 52. En février 1953, lors du premier congrès des Indépendants d’outre-mer qui réunit à Bobodioulasso 60 délégués des territoires de l’Union française, il se voit confier le secrétariat général du Comité de coordination.

Au cours de ses deux mandats de sénateur, Marnadou Dia vote pour la ratification du Pacte atlantique (28 juillet 1949), repousse la discussion du projet de loi électorale (2 mai 1951), vote pour la loi Marie favorable à l’enseignement privé (12 septembre), et se prononce en faveur de la ratification du traité instituant la Communauté charbon-acier (le 1er avril 1952).

Le 26 mars 1955, il s’oppose aux projets relatifs à l’U.E.O., à la fin de l’occupation en Allemagne, à l’entrée de celle-ci dans l’O.T.A.N. et à l’accord sur la Sarre. Il approuve le projet de loi sur l’état d’urgence en Algérie (le 1er avril) et s’abstient sur le projet de réforme électorale rétablissant le scrutin d’arrondissement (15 novembre).

Aux élections législatives du 2 janvier 1956, il se présente sur la liste du B.D.S, conduite par Léopold Senghor. Victorieux avec 346 266 voix sur 454 886 suffrages exprimés, le B.D.S emporte les deux sièges à pourvoir par le collège unique du Sénégal. Sa démission est acceptée par le Conseil de la République le 7 février suivant.

Inscrit au groupe parlementaire des Indépendants d’outre-mer (apparentés M.R.P.), Mamadou Dia est nommé membre de la Commission de la presse (1956), de la Commission du suffrage universel (1956), de la Commission des indemnités parlementaires (1956-1957) et membre suppléant de la Commission des finances (1957).

Mamadou Dia dépose trois propositions et un avis, notamment sur la participation de l’Etat aux frais de commémoration du centenaire de la ville de Dakar.

Député actif, il intervient fréquemment à la tribune et dépose de nombreux amendements, se consacrant tout naturellement aux problèmes de l’outre-mer. C’est ainsi qu’il aborde longuement la question algérienne le 8 mars 1956, au cours du débat sur les pleins pouvoirs, déclarant à cette occasion : ’’quoi qu’il en soit, nous refusons quant à nous de nous laisser enfermer dans le carcan du faux dilemme : partir ou rester. Raisonner ainsi (...) c’est ramener le problème de la présence française à une épreuve de force, comme si la violence a jamais pu assurer la permanence’’.

En application du nouveau statut de l’A.O.F., il est élu, le 18 mai 1957, vice-président du Conseil de gouvernement du Sénégal et forme un gouvernement homogène composé de représentants du Bloc populaire sénégalais dont il est secrétaire général.

Pendant la législature, il se prononce pour la ratification des traités instituant la Communauté économique européenne et l’Euratom (9 juillet 1957), mais ne participe pas aux différents votes concernant les institutions de l’Algérie (septembre 1957-janvier 1958).

Favorable à l’investiture de Pierre Pflimlin (13 mai) et à l’instauration de l’état d’urgence (16 mai), Mamadou Dia vote la confiance au général de Gaulle ainsi que les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin).

MK/CTN

 
Quelles solutions ?
Avis
Contributions
Articles