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SENEGAL-AGRICULTURE-ANALYSE

Le ministère du Développement rural, voie indiquée pour la mise en oeuvre de la Loi d’orientation, juge Mamadou Cissokho

16/08/2009 18:38 GMT

Dakar, 16 août (APS) - La création d’un ministère du Développement rural est la voie la plus indiquée pour mettre en œuvre les conclusions de la Loi d’orientation agro-sylvopastotale (LOASP), datant de 2004, a indiqué, dimanche à Dakar, le président d’honneur du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), Mamadou Cissokho.

‘’Sur le plan institutionnel, aujourd’hui on a une politique agrosylvopastorale’’, a-t-il dit sur la chaîne de télévision privée Walf TV, en parlant de la LOASP. ‘’On peut aller très loin et bien avec cette loi’’, a-t-il estimé au cours de ‘’Opinion’’, émission hebdomadaire de ladite chaîne.

Selon Mamadou Cissokho, la principale difficulté notée pour la mise en œuvre effective de cette LOASP est liée au fait que les questions et les différents domaines qu’elle prend en charge dépendent de plusieurs ministères.

De plus, avec l’application de politiques d’ajustement structurel, les départements concernés manquent de cadres et de moyens, a analysé le président d’honneur du CNCR. Or, ‘’il faut des cadres dynamiques, efficients assez étoffés pour faire ce travail’’.

Cela dit, ‘’il y a un début de mise en œuvre, des décrets d’application’’ de la LOASP’’, a-t-il poursuivi, en citant l’assurance agricole et le Fonds national de développement agricole qui a commencé selon lui à être alimenté en fonds de dotation.

Il a soutenu que les acteurs de l’agriculture ont été pendant longtemps une couche tellement ‘’sous-estimée, frustrée’’ que les paysans eux-mêmes peinaient à se reconnaître comme tels. D’où l’importance de la LOASP, qu’il a présentée comme ‘’une loi importante de rupture par rapport à ce qu’on avait l’habitude de faire’’.

A travers cette loi ‘’très volontariste’’ l’Etat du Sénégal a pris sur lui d’intégrer ‘’des éléments très importants’’, a expliqué Mamadou Cissokho, soulignant que son engagement dans les organisations paysannes vise à éviter que le paysan ne soit pas ‘’uniquement un gratteur’’.

M. Cissokho, par ailleurs président d’honneur du ROPPA (Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest), a fait publier il y a quelques mois un livre intitulé ‘’Dieu n’est pas un paysan’’. Edité par le Grad et Pésence Africaine, cet ouvrage s’inscrit dans le cadre de son engagement, pendant des années, en faveur de l’émancipation du paysannat sénégalais et africain.

Pour Mamadou Cissokho, les enjeux électoraux liés au fait que la majorité de la population sénégalaise vit dans le monde rural explique le manque de ‘’neutralité’’ dans l’analyse que les pouvoirs publics ont des problèmes de l’agriculture et des solutions à y apporter.

Sur cette base, le monde rural est selon lui passé d’un encadrement rigide à un simple abandon, c’est-à-dire le manque d’encadrement, tandis que les paysans eux ‘’se sont laissés aller à des choses faciles au lieu d’appliquer leurs savoirs traditionnels’’.

La LOASP est appelée à constituer le cadre de développement de l’agriculture sénégalaise pour les 20 prochaines années. Elle vise à faire basculer l’agriculture sénégalaise dans le secteur économique formel à travers notamment la revalorisation des métiers agricoles.

BK/ADC

 
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