SENEGAL-AGRICULTURE-SOCIAL
Le syndicat des agriculteurs veut doter le secteur de la ’’capacité de négocier’’ (ministre)
17/09/2009 10:47 GMT
Tambacounda, 17 sept (APS) - L’’’objectif principal’’ du syndicat des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs est de regrouper ces trois secteurs au sein d’une organisation capable de négocier avec l’Etat et avec d’autres interlocuteurs, pour défendre les intérêts de ses membres, a déclaré mercredi Khadim Guéye, ministre délégué chargé des Organisations paysannes et de la Syndicalisation des agicultures.
La mise en place du syndicat des agriculteurs, qui sera dénommé Jappandoo, a comme ‘’principal objectif la capacité de négocier’’ des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs avec l’Etat ou d’autres interlocuteurs comme les bailleurs de fonds, a indiqué M. Guéye lors d’un CRD spécial sur la syndicalisation des agriculteurs.
Selon lui, le président de la République s’était rendu compte malgré le fait que chaque année il ‘’mobilise 30 à 40 milliards pour l’agriculture la pêche et l’élevage’’ à titre de subvention, ‘’la plupart de ces subventions étaient captées par des intermédiaires ou en tout cas n’arrivaient pas (à leurs destinataires) de manière efficace’’.
Des études qui ont été faites sur cet état de fait ont montré que la ‘’principale cause était le manque d’organisation’’, a ajouté M. Guéye. Le chef de l’Etat a dès lors observé ce qui se fait dans des pays développés comme la France et le Canada, ainsi que dans des pays du Sud comme le Maroc, l’Afrique du Sud, le Botswana, le Kenya.
‘’Tous ces pays avaient un dénominateur commun : une structure capable de négocier avec l’Etat, les bailleurs de fonds’’, a-t-il relevé.
‘’Ce que nous voulons faire, d’ici deux ans, c’est que les producteurs remplissent les fonctions d’approvisionnement, de production et de transformation’’, a poursuivi le ministre chargé des Organisations paysannes et de la syndicalisation des agriculteurs.
Il a regretté qu’à ce jour, les agriculteurs ne remplissent qu’une fonction : celle d’ ‘’aller au champ’’. Raison pour laquelle, ‘’les plus-values (de son produit) sont captées’’ par des acteurs intervenant dans des secteurs autres que l’agriculture au détriment des agriculteurs.
Pou changer la donne, l’Etat mettra en place trois outils, a-t-il indiqué. Il s’agit du financement par le biais de la Caisse nationale de crédit agricole (CNCA) qui sera restructurée pour que les agriculteurs arrivent à une participation de ‘’40%, voire une majorité des actions’’.
‘’Le président pense qu’il faut changer la configuration du conseil d’administration’’ pour que cette structure finance en priorité les agriculteurs. A cela s’ajoute que la CNCA doit se déployer sur tout le territoire afin que l’argent soit ‘’absolument’’ à la portée des agriculteurs.
Le deuxième instrument consiste à mettre en place une compagnie nationale d’assurance agricole, où les agriculteurs éleveurs et pêcheurs pourront souscrire à un taux subventionné à hauteur de 50% par l’Etat, pour se faire rembourser en cas de sinistres.
‘’Le troisième instrument sera composé de deux choses : un Fonds national d’appui aux organisations de producteurs et une sécurité sociale (qui) sera implantée progressivement comme pour la fonction publique’’, a noté Khadim Guéye.
Les éleveurs et les agriculteurs qui se sont mobilisés massivement, ont dans la majorité des 53 intervenants, salué l’initiative, même si certains ont émis des craintes, en autres, quant aux délais de remboursement de l’assurance agricole. D’autres ont interpellé M. Guéye sur le mode de communication envisagé pour toucher la base et se sont engagés à y contribuer.
La rencontre a été aussi mise à profit par les participants pour soumettre au ministre chargé des Organisations paysannes des doléances spécifiques à leurs domaines d’activité respectifs.
ADI/AD