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Tambacounda : pour disposer de leurs certficats de nationalité, des individus prennent d’assaut le tribunal

17/10/2009 16:48 GMT

Tambacounda, 17 oct (APS) - Des dizaines de personnes ont pris d’assaut samedi, le tribunal départemental de Tambacounda, à la recherche de certificats de nationalité, un des documents constitutif du dossier à déposer pour le concours du volontariat, à deux jours de la clôture du dépôt de candidature.

Des centaines de dossiers de demandeurs de certificats de nationalité sont toujours en instance entre le tribunal régional et le tribunal départemental et leurs titulaires risquent d’être bloqués par cette pièce justificative.

L’affluence était également grande vendredi au tribunal, où les concernés ou leur proches mandatés, faisaient le pied de grue. Certains prétendants au volontariat, craignant d’être forclos, proposent que le ministère de l’Education leur accorde une dérogation, en reculant le délai du dépôt de candidature, fixé pour lundi.

‘’On risque de rater le dépôt. C’est mieux de prolonger le délai de dépôt. Le ministère a introduit le certificat de nationalité très tardivement’’, s’est plaint Yacoubé Diawné, qui veut passer le concours du volontariat pour la première fois.

Yacoubé a déposé son dossier depuis deux semaines et depuis fait le pied de grue devant le tribunal départemental qui ne désemplit pas à l’approche de la fin des dépôts.

Même opinion pour son camarade, Abdoulaye Doumbia qui, lui, a déposé ses documents administratifs ‘’depuis trois semaines’’. ‘’Si le ministre Kalidou Diallo (Préscolaire, Elémentaire, Moyen secondaire et langues nationales) pouvait faire une dérogation, ce serait mieux’’, note-t-il.

Certains expliquent cette affluence par le fait que terminé l’édition de cette année, le diplôme ne sera plus accepté pour le concours du volontariat, les autorités ayant annoncé le relèvement à partir de l’année prochaine du concours au niveau Bac.

M. Doumbia s’offusque de ce que ‘’les gens ne suivent pas l’ordre’’ de dépôt des dossiers. ‘’Ici, il faut avoir un +bras long+. Si tu n’as pas quelqu’un pour t’aider, c’est fichu’’, relève-t-il, notant que même le fait que le tribunal ait décidé de travailler samedi, n’a ‘’rien réglé’’.

Toutes sortes de tractations sont en cours pour l’obtention de ce document. Du fait de la pression, certains esprits s’échauffent, comme c’est le cas de ce demandeur qui entre dans le secrétariat du greffier en chef pour exiger la saisie de son certificat qui a déjà bouclé toute la procédure depuis hier, vendredi, mais qui tarde à être couché sur papier. ‘’Je ne sortirai pas d’ici tant que vous ne l’aurez pas saisi’’, martèle-t-il.

Pour faire face à l’affluence, le tribunal a décidé de travailler samedi et dimanche, jours non ouvrables pour permettre à certains candidats de disposer de leur sésame avant la date limite.

‘’Pour le moment, on a délivré 376 certificats de nationalité sénégalaise’’, a dit Me Mamadou Sène, greffier en chef du tribunal, expliquant cette situation par l’échéance proche des concours des infirmiers, du recrutement de l’armée. ‘’Mais le gros, c’est le volontariat’’. ‘’ C’est pourquoi il n’y a jamais eu autant d’affluence’’, relève-t-il.

‘’Avant, on délivrait 300 à 400 (certificats de nationalité) dans l’année. Si en une semaine, on doit en délivrer (autant) (…), ce n’est pas facile’’, poursuit-il, précisant que ce document n’est pas fait ‘’directement’’ par le tribunal départemental.

Il doit passer par le secrétariat pour enregistrement, puis par le président pour signature, avant d’être envoyé au parquet (tribunal régional) pour visa du procureur. Il est ensuite retourné au tribunal départemental pour être saisi et légalisé, avant délivrance sur avis du président du tribunal.

‘’Hier (vendredi), on est descendu à 21 heures’’, relève Me Sène selon qui le personnel s’est ‘’sacrifié’’ pour l’intérêt des demandeurs. ‘’On était obligé de prendre au niveau du tribunal régional des éléments pour nous aider à saisir, parce qu’on est dépassé’’.

Me Sène écarte cependant l’idée liée à l’insuffisance du personnel de l’institution, qui ‘’ne se plaint pas en temps normal’’, même s’il reconnaît que l’affectation d’un secrétaire en janvier ou février ‘’s’est fait ressentir’’, puisque la personne affectée n’a pas été remplacée. La situation actuelle est un ‘’cas de force majeure’’, selon lui.

Partant, il a rejeté les accusations d’impartialité portées contre des agents du service des greffes, précisant que quand ils sont interpellés par un demandeur, ‘’c’est pour vérifier et lui situer son dossier’’, afin qu’il sache s’il est dans le bureau du président, au parquet ou à la saisie.

‘’C’est mal tombé, c’est la période des vacances judiciaires’’ et le secrétaire sur lequel repose le gros du travail a été retenu par le président (du tribunal), note-t-il. Parlant des demandeurs, il souligne : ‘’Il faut quand même qu’ils déposent leurs dossiers à temps’’.

ADI/BK

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