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Tambacounda : des experts évoquent le ’’drame social’’ des porteuses de fistules

03/11/2009 22:00 GMT

Tambacounda, 3 nov (APS) - Plusieurs experts en matière de santé ont souligné lundi lors d’une rencontre avec des journalistes le ‘’drame social’’ fait d’exclusion et de stigmatisation que vivent les femmes atteintes de fistules obstétricales, une maladie pas assez connue.

‘’Les fistules obstétricales constituent une injustice sociale, (car c’est parce que) les femmes n’ont pas accès aux structures de santé, à l’assistance à l’accouchement que cette fistule obstétricale s’est créée’’, a soutenu le Docteur Fanding Badji, expert chargé des offres de services à l’UNFPA, ayant en charge les fistules obstétricales

’’Dés lors, il faudrait bien qu’on puisse la réparer, étant entendu que ces femmes sont stigmatisées, rejetées par leur société, couvertes de honte’’,a-t-il soutenu.

La région compte un gynécologue, et 29 sages-femmes soit une sage-femme pour 7.600 femmes.

Lors d’une rencontre d’information avec des journalistes au district sanitaire, les différents exposants se sont beaucoup arrêtés sur le ‘’drame social’’ que constituent les fistules obstétricales. Les victimes, le plus souvent des jeunes mères âgées de 14 à 20 ans, font l’objet d’exclusion de la part de leur famille.

La fistule est une ‘’lésion causée par l’accouchement’’ et due à un retard dans l’intervention obstétrique (généralement une césarienne) ‘’pour mettre fin aux pressions excessives exercées par le foetus sur l’organisme de la femme’’, note le site du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), consacré à cette maladie.

‘’Les effets sont souvent dévastateurs : le bébé meurt dans la plupart des cas et la femme souffre d’une incontinence chronique. Incapable de contrôler l’écoulement de l’urine ou l’excrétion des matière fécales, elle est souvent abandonnée par son mari et sa propre famille, voire bannie de sa communauté’’, note la même source. Quelques fois, elle peut entraîner la mort de la femme.

La région de Tambacounda a le taux de mortalité maternelle ‘’le plus élevé’’ du pays, avec 185 décès sur 100.000 naissances vivantes au deuxième trimestre de 2009, a révélé Khadidiatou Bâ de la région médicale qui faisait une présentation.

Plusieurs facteurs, dont l’insuffisance de ressources qualifiées, l’enclavement de plusieurs localités, le manque de ressources financières empêchent à une bonne partie des femmes enceintes de faire les consultations prénatales. Ce qui fait que "31, 5 % des femmes accouchent sans assistance d’un personnel qualifié’’, selon Khadidiatou Bâ.

Dans le cadre d’une campagne mondiale pour l’élimination des fistules obstétricales, une campagne de sensibilisation a été initiée par l’UNFPA en 2005 au Sénégal, a indiqué le Docteur Fanding Badji.

L’atelier de formation de journalistes venant de Dakar et de leurs confrères locaux qui s’est tenu lundi et mardi à la région médicale de Tambacounda, entre dans ce cadre. Il visait à armer les journalistes pour qu’ils accompagnent le programme de sensibilisation.

La présentation de la fistule, le traitement par voie vaginale des fistules vésico-vaginales, la stratégie de communication arrêtée pour y faire face, entre autres, ont fait l’objet d’exposés présentés par le docteur Issa Labou, de l’Hôpital général de Grand-Yoff et Ndèye Diop Niang chargée de la communication de l’UNFPA.

La fistule a été ‘’relativement négligée, malgré son impact destructeur sur la vie des adolescentes et des femmes’’, note le site dédié par l’UNFPA à la fistule.

‘’Au niveau du Sénégal, en 2005, le 5-ème programme de l’UNFPA accompagne le ministère de la Santé, en collaboration avec l’Université (de Dakar), notamment le service d’urologie et de la clinique gynécologique et obstétricale pour réparer les porteuses de fistules à travers le Sénégal’’, a dit Fanding Badji .

Des efforts ont été fournis par les autorités ces dernières années, mais il reste encore du chemin à faire, ont reconnu les animateurs.

La ‘’dimension sociale et économique’’ des fistules obstétricales est à prendre en compte a souligné Docteur Fanding Badji.

Un programme de sensibilisation a démarré dans deux grandes régions de Tambacounda et Kolda et s’articule autour de trois volets que sont la prévention à travers les séances d’information et de sensibilisation, la prise en charge médicale des porteuses de fistules.

Cette dernière est axée sur la réparation effective de la fistule et le renforcement des capacités du personnel local et du plateau technique des différents centres de traitement. Le 3-ème volet concerne la réinsertion sociale.

‘’Nous avons prôné d’accompagner la mission avec le ministère de la Santé pour la réparation des fistules obstétricales. Après la réparation, nous finançons également à travers les organisations non gouvernementales à Tambacounda’’, a indiqué l’expert de l’UNFPA. Ce sera le cas avec le Groupe d’appui au développement communautaire (GADEC), en vue d’assurer la réinsertion sociale des porteuses de fistules.

‘’Pour assurer une forte implication de tous les acteurs de chaque région, nous avons élaboré sous le couvert du ministère de la Santé, un plan stratégique national de lutte contre les fistules obstétricales dont l’objectif principal est d’arriver à éradiquer la fistule au Sénégal’’, a ajouté le responsable du fonds onusien.

En collaboration avec les acteurs de la santé, l’UNFPA élaboré a un plan de communication qui doit accompagner cette stratégie, pour mettre en œuvre cette stratégie.

‘’C’est la raison pour laquelle, a dit M. Badji, une mission composée de journalistes venus de Dakar et ceux trouvés sur place à Tambacounda se concertent pour trouver les voies et moyens pour nous accompagner à relayer l’événement et à rendre plus visible ces activités de lutte contre les fistules obstétricales’’.



BC/ADI/AD

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