SENAGAL-MEDIATS-LIBERALISATION-PRECISION
L’Etat va réorganiser le secteur avant d’attribuer de nouvelles fréquences Télé, selon Moustapha Guirassy
15/11/2009 23:53 GMT
Dakar, 15 nov (APS) – Le ministre de la Communication Moustapha Guirassy a mis en garde dimanche à Dakar contre toute personnalisation de la question d’attribution des fréquences télévision ou radio, affirmant que l’Etat entendait réorganiser le secteur de l’audiovisuel qui connaît beaucoup de problèmes avant d’attribuer de nouvelles fréquences.
Il a donné l’exemple des conflits Walf-BSDA, RTS-Walf, groupe EXCAF contre canal, 2STV contre RTS, RTS contre Walf, delta contre EXCAF et contre canal, canal et la question des redevances, etc.
En somme on peut aisément se rendre compte que les principaux acteurs du secteur sont dans la turbulence des conflits liée tout simplement à l’inexistence d’un cadre juridique pour réglementer de façon efficace le secteur.
‘’Il se dit beaucoup de choses mais je voudrai bien replacer la question dans le contexte des difficultés que connaît le secteur. Difficultés qui ont emmené, les principaux acteurs à demander à l’Etat d’aider à organiser le secteur’’, a-t-il précisé au cours de la plénière consacrée au vote du budget du ministère qu’il dirige.
‘’Et lorsque dans ce contexte nous recevons de nouvelles demandes d’attribution de fréquence, il est normal de réorganiser le secteur avant d’attribuer de nouvelles fréquences’’, a répondu M. Guirassy à l’interpellation de plusieurs députés sur la non concrétisation du projet de télévision porté par le chanteur Youssou Ndour.
‘’Il serait dangereux de vouloir personnaliser le problème d’attribution de fréquence entre l’Etat et un citoyen, en l’occurrence Youssou Ndour, ou un groupe de presse. Je rappelle que nous avons d’illustres Sénégalais qui avant ou en même temps, que le groupe futurs médias ont déposé une demande et qui attendent’’, a-t-il indiqué avant d’ajouter : ‘’Aider Youssou Ndour, c’est éviter de personnaliser ou de politiser la question’’.
Par ailleurs c’est seulement en mars 2008 qu’une assignation de fréquence a été notifiée au groupe futurs médias, relève le ministre soulignant que ‘’c’était la première étape d’un processus qui peut être long lié aux études techniques et à l’implication de différentes instances de décision. Et c’est seulement après le retrait du cahier des charges, la signature d’une convention avec le ministère, la signature de la convention avec l’ARTP et enfin la signature du décret présidentiel que la télévision est autorisée à émettre’’.
Or, selon lui, le cahier de charges n’avait pas encore été retiré par les dirigeants du groupe futurs medias quand il prenait fonction au mois de mai, sans compter la non signature d’une convention avec l’Etat ou l’ARTP.
Par ailleurs, rappelle le ministre, les dirigeants du groupe ont demandé à changer l’objet de l’assignation de fréquence initialement prévue pour une télévision à vocation thématique purement culturelle en une télévision à vocation généraliste. Une autre demande de changement est aussi intervenue en provenance des dirigeants du groupe modifiant le mode de diffusion. La fréquence initiale demandée portait sur le mode de diffusion hertzienne. Le changement voulu portait sur un tout autre mode, celui du VSAT.
Forcément, tout cela a un impact sur les premières études techniques réalisées, sur les premières décisions et du coup sur les délais, a indiqué M. Guirassy qui estime qu’il faut néanmoins saluer la première décision de l’Etat d’appuyer le promoteur dans son secteur d’activités en acceptant de lui assigner une fréquence qui aiderait le secteur à se développer.
Les changements souhaités par le promoteur sont légitimes, mais il est aussi légitime de penser que tout cela entraîne inéluctablement des retards dans le traitement du dossier, a ajouté Moustapha Guirassy tout en fait remarquer que ’’Sans convention, sans avis techniques nouveaux portant sur les changements demandés par le groupe, les conditions ne sont pas réunies pour la signature d’un décret’’.
" Comme beaucoup de Sénégalais, a-t-il relevé, on nous avait dit à notre arrivée au ministère que l’autorisation était prête. Mais après vérification avec les dirigeants du groupe et relecture des textes et des procédures, on s’est rendu compte de la non maîtrise du processus’’.
"Combien de fois un citoyen fait-il une demande et que le traitement du service sollicite soit retardé par une simple question de procédure ? Quid du cas du citoyen à qui une parcelle de terre a été affectée pour l’édification d’une école et qui veut transformer en projet d’habitation ? N’est-il pas normal, compte tenu de l’aménagement de l’espace de recevoir de nouveau l’avis de l’autorité ?’’, s’est-il interrogé.
Au sujet de la réorganisation du secteur, le ministre a fait part de la constitution d’une commission mixte composée du ministère de la Communication, de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) et du Conseil national de régulation de l’audiovisuel pour retravailler le projet portant code de l’audiovisuel.
’’Le groupe Futurs médiats joue un rôle important dans le paysage médiatique du pays. Youssou Ndour est un illustre sénégalais. Puisqu’en 2008 il a eu une assignation de fréquence pour une télé culturelle, je ne vois pas pourquoi en 2009, c’est-à-dire à peine un an, on tenterait d’expliquer le délai par un acharnement du président de la république sur un digne fils du pays’’, a indiqué Moustapha Guirassy.
AKS/ADC