SENEGAL-EDUCATION-HUMEUR
Sédhiou : ’’Il nous manque tout’’, se désole un chef d’établissement
19/12/2009 16:06 GMT
Sédhiou, 19 déc (APS) - Les enseignants et les élèves de Kolibantang, une communauté rurale située dans la région de Sédhiou (sud-ouest), vivent le calvaire à cause de l’absence d’équipement de leur école, où abris de fortune et longue distance démotivent.
’’Il nous manque tout’’, regrette Aliou Ndiaye, principal du collège d’enseignement moyen (CEM) de Kolibantang, un village situé à 50 kilomètres au nord-est de Sédhiou.
Cette école est constituée de cinq salles de classe, toutes des abris de fortune. Elle est sans eau, ni toilettes.
Un abri fait de feuilles de bambou, doté de cinq chaises en plastique empruntées à la communauté rurale, sert de bureau pour le principal du collège et les enseignants.
Aux heures de descente, tout ce matériel est acheminé vers les maisons pour ne pas être volé.
Le CEM de Kolibantang, mis en service il y a un an seulement, comptait 117 élèves venant des 26 villages que polarise le chef-lieu de communauté rurale. 217 élèves s’y sont inscrits cette année. certains de ses élèves parcourent six kilomètres pour s’y rendre.
Le manque criant de table bancs a paralysé le déroulement des cours pendant les mois d’octobre et novembre derniers, selon son principal.
Les recettes issues des inscriptions ayant déjà été utilisées dans la confection de table bancs pour les classes de 5-ème et de 4-ème, l’inquiétude gagne les parents d’élèves.
’’Les tentatives pour amoindrir les difficultés sont restées vaines’’, a dit le principal du collège, Aliou Ndiaye.
M. Ndiaye dit avoir adressé plusieurs correspondances à l’Agence nationale pour la relance des activités en Casamance (ANRAC, publique), mais ces lettres sont restées sans suite.
Les élèves qui viennent de villages lointains éprouvent d’énormes difficultés pour passer une journée studieuse qui s’achève chaque jour à 15 h 30.
Cette ’’situation démotivante’’ rehausse le taux d’abandon et expose les jeunes filles au mariage précoce, selon le principal du collège.
Les enseignants se plaignent de l’absence de logement adéquat. ’’Les villageois qui ne disposent que de cases ont renchéri le loyer comme si c’était en ville’’, se désole Barry Khouma, professeur de mathématiques.
’’La somme de 7.000 F est exorbitante pour une case villageoise’’, renchérit un maître d’éducation physique.
’’Nous avons de l’argent, mais nous mangeons mal’’, s’est plaint le professeur d’éducation pysique, imputant cette situation à l’absence de marché dans la localité, pour le ravitaillement en denrées alimentaires.
Aller de Kolibantang à Sédhiou est ’’un casse-tête’’ à cause d’une route impraticable et longue d’une cinquantaine de kilomètres.
PDF/ESF