Agence de Presse la plus utilisée dans les mediats en Afrique de l'Ouest francophone selon une étude de l'organisation internationale de la francophonie rendue publique en Septembre 2005 à Ouagadougou

 

SENEGAL-AGRICULTURE-FONCIER

Des agricultures de Dagana préoccupés par la ruée vers leurs terres+++Envoyé spécial : Souleymane Gano+++

29/12/2009 18:47 GMT

Richard-Toll (APS) – Plusieurs participants à la rencontre sur agriculture et biocarburants, ouverte mardi à Richard-Toll dans le département de Dagana (nord) ont fait part de leur préoccupations et craintes face à la ruée d’investisseurs étrangers vers leurs terres.

‘’La ruée des investisseurs étrangers vers nos terres sera sans aucun doute source de tensions, car personne n’acceptera d’être dépossédé de ses périmètres légalement acquis sous prétexte que le gouvernement encourage la culture des biocarburants pour venir à bout des problèmes énergétiques’’, a indiqué Gora Thiam, notable à Sandé dans la communauté rurale de Mbane.

M. Thiam a affirmé que Mbane ’’est l’une des communautés rurales où les terres ont été bradées le plus au Sénégal’’, avant d’avertir : ’’mais, nous aussi, nous nous défendrons, on nous trouvera sur place

Pour sa part, Alioune Guèye, membre du Cadre national de concertation des ruraux/ Fédération des périmètres autogérés (CNCR/FPA) a souligné que ‘’l’Etat avait demandé aux collectivités locales d’octroyer 1.000 hectares aux promoteurs des biocarburants pour expérimenter cette nouvelle culture. Et là déjà nous paysans, nous étions inquiets’’.

‘’Malheureusement, au lieu de se limiter à ces 1.000 hectares, certains conseils ruraux en ont octroyé jusqu’à plus de 20.000 hectares’’, s’est désolé M. Guèye.

Moustapha Mbengue a lui indiqué, de son côté, que ‘’ce qui nous intéresse, c’est ce que nous consommons. Alors que nous avons des problèmes de terres, certains octroient des hectares et des hectares à des étrangers. C’est inacceptable’’.

‘’C’est vrai que l’énergie et l’alimentaire vont ensemble mais les biocarburants ne sont pas l’unique solution face à la question énergétique. Le solaire et l’éolien sont là’’, a-t-il dit.

D’autres participants ont, à cette occasion, invité les élus locaux et l’administration locale à être ‘’plus responsables mais surtout plus regardants’’ sur la question foncière pour éviter aux populations le bradage de leurs terres au profit des promoteurs de biocarburants.

D’une durée de deux jours, l’atelier initié par Wetlands International et Action Aïd Sénégal, deux ONG, basées à Dakar, porte sur ‘’l’agriculture familiale face aux biocarburants : quels enjeux pour la sécurité alimentaire et les zones humides au Sénégal ?’’.

‘’La manifestation fait suite à la mise en place par la société civile, le 18 juin dernier, d’une coalition qui a pour but de faire un plaidoyer autour des biocarburants, la sécurité alimentaire et la gestion de l’environnement’’, a indiqué Fatou Mbaye à l’ouverture des travaux.

Selon Mme Mbaye, chargée de programme biocarburant à Action Aid Sénégal et coordonnatrice de la coalition de la société civile sur les agrocarburants, ‘’les deux ONG entendent, à travers l’atelier, partager les résultats des recherches effectuées sur les biocarburants avec les populations à la base’’.

SG/AD

 
Quelles solutions ?
Avis
Contributions
Articles