SENEGAL-SIDA-EXPANSION
L’explosion du Sida peut partir du Sénégal Oriental, avertit le Dr Ibra Ndoye
06/01/2010 19:00 GMT
Tambacounda, 6 déc (APS) -
Une explosion de l’épidémie du Sida peut partir de la région naturelle du Sénégal oriental (Tambacounda et Kédougou), si elle ne fait pas l’objet d’une grande attention, compte tenu de sa position géographique et de l’exploitation minière qui s’exerce dans cette partie du pays, a averti mercredi le docteur Ibra Ndoye.
‘’Si nous ne faisons pas très attention à cette région (Tambacounda) de même que Kédougou, l’explosion de l’épidémie peut partir de ces régions’’, a averti le secrétaire exécutif du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS).
A la tête d’une caravane de sensibilisation, composée de l’unité mobile de communication du CNLS, et d’une équipe de dépistage, le Dr Ndoye assistait au lancement à Tambacounda de la Semaine régionale d’accélération de la réponse au VIH/Sida du 2 au 9 janvier.
La manifestation a eu lieu en présence de Ahmadou Bamba Koné, adjoint au gouverneur, du préfet Abdou Bodian, ainsi que de représentantes d’une bonne partie des associations féminines.
Compte tenu de sa position géographique, Tambacounda prise en ‘’sandwich’’ entre quatre à cinq pays, est une ‘’région vulnérable’’, a fait constater le chercheur. A cet emplacement de la zone, il a ajouté sa ‘’vulnérabilité économique’’.
‘’Nous devons faire très attention au développement des mines et accompagner ce développement avec une politique de prévention’’, a-t-il également noté, concernant la région de Kédougou.
‘’En Afrique australe, l’épidémie du Sida s’est développée à partir des mines’’, a noté Ibra Ndoye, qui a souligné le fait que les zones aurifères accueillent des personnes originaires de différents pays.
Avant lui, Oumou Diallo, présidente de l’Association régionale des femmes élues avait interpellé le responsable du CNLS sur la situation de ces régions. ‘’On est à moins d’un pourcent (de prévalence NDLR), mais dans la région naturelle du Sénégal oriental – Tambacounda et Kédougou – il y a des problèmes. Vous êtes mieux informé que moi-même : dans les zones aurifères, il y a des problèmes, dans les frontières il y a des problèmes’’, avait-elle relevé.
La région de Tambacounda a un taux de prévalence de 0,7 pourcent, soit le même que celui national.
‘’La région de Tambacounda est ouvertes à cinq pays et notre stratégie de lutte est différente de celle de ces pays’’, s’était inquiétée la conseillère régionale, pour qui il faut s’occuper de ces régions pour qu’en ‘’2015, on se retrouve avec 0%’’.
La caravane dirigée par le Dr Ibra Ndoye, arrivée lundi dans la région de Tambacounda se rend jeudi à Kédougou.
’’Le gouvernement n’a pas oublié la région dans les financements’’, a toutefois, souligné le docteur Ibra Ndoye, d’après qui, le Sénégal a fait une proposition de financement à la Banque mondiale au profit de Tambacounda, ainsi que des régions de Kaolack et Louga, voire les nouvelles régions qui sont ‘’laissées pour compte’’.
En outre, une autre proposition de financement au Fonds mondial déposée par le Sénégal, devrait permettre si elle est finalisée, de financer ‘’pour les 5 prochaines années, les régions qui étaient laissées en rade’’, a-t-i dit, notant que cette demande de financement est bâtie sur le fait que les régions de Tambacounda et Kédougou sont ’’vulnérables’’.
ADI