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MONDE-SOCIETE-LITTERATURE

Le tremblement de terre en Haïti ressemble à ’’une révolution" (écrivain)

10/02/2010 16:06 GMT

Dakar, 10 fév (APS) - Les répliques du premier tremblement de terre qui a secoué Haïti en janvier dernier peuvent être assimilées à ’’une révolution’’, au regard de ses conséquences visibles, a témoigné l’écrivain haïtien Dany Laferrière.

‘’Le palais national cassé. Le bureau des taxes et contributions détruit. Le palais de justice détruit. Les magasins par terre. Le système de communication détruit. La cathédrale détruite. Les prisonniers dehors. Pendant une nuit, ce fut la révolution’’, a-t-il dit-il dans numéro (21-27 janvier) de l’hebdomadaire français Le Nouvel Observateur.

Prix Médicis 2009, Dany Laferrière était à Port-au-Prince pour le compte du Festival étonnants voyageurs, quand la terre a tremblé. Plus de 100 personnes ont perdu la vie dans ce tremblement de terre.

‘’Les chiens et les coqs nous ont accompagnés toute la nuit. Le coq de Port-au-Prince chante n’importe quand. Ce que je déteste généralement. Cette nuit-là, j’attendais sa geulante’’, a ajouté Laferrière, considéré comme l’un des plus grands écrivais d’Haïti.

‘’Même à 7,3 sur l’échelle de Richter, ce n’est pas si terrible. On peut encore courir. C’est le béton qui a tué. Les gens ont fait une orgie de béton ces cinquante dernières années. De petites forteresses. Les maisons en bois et en tôle, plus souples, ont résisté’’, a-t-il dit.

‘’La plupart des gens de Port-au-Prince ont dormi cette nuit-là à la belle étoile, a indiqué l’écrivain. Je crois que c’est la première fois que c’est arrivé. Le dernier tremblement de terre d’une telle ampleur remonte à près de deux cent ans’’.

‘’Je ne savais pas que soixante secondes pouvaient durer aussi longtemps. Et qu’une nuit pouvait n’avoir plus de fin’’, a encore témoigné Laferrière. Plus de radio, les antennes étant cassées. Plus de télé. Plus d’Internet.

’’Plus de téléphone portable. Le temps n’est plus un objet qui sert à communiquer. On avait l’impression que le vrai temps s’était glissé dans les soixante secondes qu’ont duré les premières violentes’’, ajoute-t-il.

Parlant des centaines de personnes qui priaient et chantaient dans les rues, il a dit : ‘’C’était la fin du monde que Jéhovah annonçait. Une petite fille, près de moi, a voulu savoir s’il y avait classe demain. Un vent d’enfance a soufflé sur nous tous’’.

Né à Port-au-Prince en 1953, Dany Laferrière vit à Montréal, au Canada. Il a publié notamment ’’Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer’’, ’’Je suis un écrivain japonais’’ et ’’Vers le Sud’’, adapté au cinéma par Laurent Cantet. Il a reçu le prix Médicis 2009 pour ’’l’Enigme du retour’’ (Grasset).

BK/AD

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