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SENEGAL-SANTE-BILAN

Louga : 638 malades du sida sur 36.385 personnes dépistées en 3 ans

02/03/2010 16:51 GMT

Louga, 2 mars (APS) - Les acteurs de la santé ont dénombré 638 personnes porteuses du virus du sida sur les 36.385 qui ont été testées entre 2007 et 2009 dans les 24 sites de dépistage volontaire disséminés à l’hôpital et dans les centres et postes de santé de la région, a appris, mardi, le correspondant de l’APS.

Les responsables du volet sida de la région qui faisaient le bilan à mi-parcours à Louga du plan stratégique national de lutte contre la pandémie (2007-2011) ont estimé que le résultat de 36.385 personnes dépistées sur un objectif initial de 25.000 est une performance avérée de 143%.

La répartition par département a fait ressortir que Linguère caracole en tête avec 205 personnes atteintes du sida sur les 3.235 dépistées, soit un taux de prévalence de 6,3%, suivi de Kébémer avec 49 malades sur 4.432 testés, soit 1% et enfin Louga (187 porteurs du virus sur 20.245 vérifiés, soit 0,9%).

Par ailleurs, sur cette même période de 2007 à 2009, le virus du sida a été décelé sur 91 femmes enceintes parmi les 18.615 qui avaient accepté de faire le test, soit un taux de séropositivité de 0,5%.

Aussi 55 de ces femmes enceintes sont mises sous traitement antirétroviral (ARV) au même titre que 25 enfants de mères séropotives.

Les tests ont été menés chez 5.873 femmes enceintes de Dahra (39 cas positifs, taux de prévalence de 0,6%), 1.545 femmes de Linguère (18 cas positifs, 1% de prévalence), 2.153 femmes de Darou Mouhty (8 cas positifs, 0,3% de prévalence), 3.926 femmes de Kébémer (14 cas positifs, 0,3%) et 5.118 femmes de Louga (12 positives, 0,2%).

Les acteurs de la santé de la région ont pointé du doigt l’insuffisance du personnel médical (30 médecins, 58 sages-femmes, 138 infirmiers, etc.) pour une population estimée à 809.999 personnes.

Ces acteurs entendent pendre ces résultats à mi-parcours obtenus, apporter des mesures correctives si possible pour mieux baliser le chemin vers l’accès universel aux traitements et de la prise en charge, a indiqué le chargé du programme régional du comité national de lutte contre le sida, Louis Joseph Badji.

Il s’avère nécessaire de décentraliser, selon lui, d’outiller les postes de santé pour un meilleur dépistage de la transmission mère-enfant, de davantage sensibiliser les époux qui rechignent à laisser leurs femmes aller faire le dépistage, d’impliquer les collectivités locales et les chefs religieux.

Pour justifier l’actuel taux de prévalence de 0,5%, les responsables du comité régional de lutte contre la pandémie pointent généralement du doigt l’immigration interne (loumas), la forte émigration, l’existence de travailleuses de sexe clandestines non suivies par les services de santé.

Les acteurs ont également relevé l’existence à Louga d’une population jeune exposée à une sexualité précoce, de pratiques socioculturelles comme le lévirat, le sororat, le tatouage, etc., la faible couverture par les acteurs du sida des zones rurales, le retard et l’insuffisance du financement pour des émissions de sensibilisation à la radio.

PON/SAB

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