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SENEGAL-SOCIETE

DĂ©monstrations d’invulnĂ©rabilitĂ© et de bravoure au lancement du bukut de Diounoungue +++ Par Amadou Sarra Bâ+++

2013-08-17 16:43:05 GMT

Diounoungue, 17 aoĂ»t (APS) – Des troupes folkloriques ont rivalisĂ© d’ardeur vendredi, pour montrer leur vulnĂ©rabilitĂ© et leur bravoure, lors du lancement officiel des festivitĂ©s de la cĂ©rĂ©monie du bukut (initiation, en langue diola) de Diounoungue (Bignona), a constatĂ© le correspondant de l’APS.

Venus de plusieurs villages du département de Bignona, leurs membres ont, par petits groupes, paradé devant le public, en frottant des coupe-coupe, des couteaux et autres objets tranchants sur leur corps.

Les plus tĂ©mĂ©raires tiraient leur langue en tentant de les couper avec leurs couteaux aiguisĂ©s. Tout cela devant un public mĂ©dusĂ©, qui scandait "sabari, sabari’’ (ça suffit en diola), pour leur supplier d’arrĂŞter le supplice.

Certains membres de la troupe, qui se trouvaient Ă  cĂ´tĂ© d’eux, pour Ă©viter le pire, versaient de temps Ă  autre de l’eau bĂ©nite sur leur corps.

Les acteurs de cette scène portaient des amulettes autour de leur tête et de leur ceinture. Et leurs pantalons bouffants trainaient jusqu'au sol, histoire de donner du rythme à leurs gestes et démonstrations.

"C’est une coutume Diola. Nos ancĂŞtres nous ont lĂ©guĂ© un produit contre les couteaux, les fusils. Contre tout. Et on est en train de suivre au moins cette coutume’’, a expliquĂ© Yaya PancrĂ©as ManĂ©, infirmier traitant en pharmacopĂ©e qui sert Ă  DiĂ©goune et en Gambie.

"Les couteaux ne pĂ©nètrent pas Ă  cause des racines que nous utilisons. On les fait cuire, on les boit et on les mange avec le riz. MĂŞme quand tu prends un couteau, il ne pĂ©nètre pas dans le corps’’, assure le tradipraticien.

D’après M. ManĂ©, ce rite propre Ă  certaines familles est pratiquĂ© seulement par les diolas du Fogny et du Blouf, dans le dĂ©partement de Bignona.

Yaya PancrĂ©as ManĂ© invite les jeunes Ă  ne pas l'abandonner. ’’Si on nĂ©glige (cette coutume), le diola ne sera plus un diola. C’est une tradition qu’on ne doit pas nĂ©gliger’’, a-t-il martelĂ©.

‘’Nous ne voulons pas que cette tradition disparaisse. Chaque ethnie, que ça soit les diolas, les sĂ©rère, les toucouleurs, les manjaque et les wolofs doivent sauvegarder leurs us et coutumes. Une personne qui nĂ©glige sa coutume est acculturĂ©e’’, renchĂ©rit en wolof Yankhoba DiĂ©dhiou, après une prestation devant le public.

HabillĂ© Ă  l’image des chasseurs traditionnels, l’homme âgĂ© d’une soixantaine d’annĂ©es souligne que les diola organisent ces sĂ©ances pour divertir le public et montrer aussi leur invulnĂ©rabilitĂ© et leur courage.

"Encore une fois, chez le diola, le bukut est un passage obligatoire, qui permet Ă  tout un chacun de marquer son identitĂ© Ă  son ethnie mais aussi Ă  son village. Les couteaux, ce n’est qu’un jeu’’, a expliquĂ© Daouda Boss Sonko, le prĂ©sident de la communautĂ© rurale de Djinaki.

"Les couteaux, poursuit-il, font partie du jeu que nous organisons aujourd’hui. C’est [une façon] pour [chacun de] montrer son courage et sa bravoure. Chez le diola, on dit qu’il y a un homme parmi tant d’autres hommes. Les gens disent que ceux qui prennent le plus souvent des couteaux sont des hommes.’’

Et d'ajouter : "Ce n’est pas au sens figurĂ©, c’est aussi au sens propre pour nous. C’est vrai le fait de dire que tel est homme a beaucoup de signification. Mais le fait de prendre nos couteaux est un acte fondamental pour montrer aux uns et aux autres ce dont ils sont capables de faire’’, a confessĂ© l’Ă©lu local.

L’adjoint au sous-prĂ©fet de Kataba 1, Moussa Ndiaye, dĂ©clare Ă  son tour qu’au-delĂ  de l’aspect festif, il est attendu de cet Ă©vĂ©nement culturel "toute une pĂ©dagogie, toute une socialisation, toute une formation’’.

"Dans quelques heures, quelque part il y aura une retraite. Des hommes vont se retrouver. Et qu’est-ce qu’on attend de cette retraite Ă  terme ?’’, s’est il interrogĂ©.

"Qu’il nous revienne un homme renaissant, un homme redynamisĂ©, ressourcĂ©, Ă©clairĂ©, mieux outillĂ©, mieux rassurĂ© pour rĂ©pondre aux appels du dĂ©veloppement du pays fondĂ©s sur les valeurs intrinsèques que sont la tolĂ©rance, le respect de l’autre, l’hospitalitĂ©, le sens de la grandeur, la citoyennetĂ©’’, a rĂ©pondu l’adjoint au sous-prĂ©fet de Kataba 1.

ASB/ASG

 

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