SENEGAL-PRESSE-INFORMATION
Kédougou, 21 nov (APS) -
samedi 21 novembre 2009, par Aly Diouf
‘’La solution, (…) il faudrait des journaux régionaux’’, a indiqué M. Diédhiou, en marge d’un séminaire qui a démarré jeudi, sur l’information régionale en pays bassari, à l’initiative de la Fondation Konrad Adenauer (FKA), en collaboration avec l’UNESCO et le Centre d’étude des sciences et techniques de l’information (CESTI).
Intitulée ‘’l’information régionale en pays Bassari - Communication et développement : promouvoir l’information régionale dans un environnement concurrentiel’’, la session de formation à l’intention des journalistes des régions de Kédougou et Tambacounda, a regroupé une quinzaine de journalistes.
‘’Il faut qu’il y ait des quotidiens régionaux qui vont couvrir l’information régionale’’, a insisté M. Diédhiou, non sans préciser que ‘’pour cela, il faut que les hommes d’affaires s’intéressent à la presse’’ régionale. Cela n’empêcherait pas que les informations en direction des ressortissants de la région soient relayées par les quotidiens nationaux.
‘’Il faudrait que dans les régions, les opérateurs économiques investissent le créneau’’, a poursuivi Djib Diédhiou, par ailleurs enseignant au CESTI.
Selon lui, il faut ‘’que les hommes d’affaires acceptent de faire des insertions publicitaires, non seulement au niveau local, mais au niveau de Dakar’’, une fois que ces organes sont mis sur pied.
‘’Ils doivent comprendre que le Sénégal ne s’arrête pas à Dakar’’, a soutenu Djib Diédhiou qui s’est étonné de ce que les hommes d’affaires continuent d’agir ‘’comme s’ils ne s’intéressaient pas à la conquête du marché économique à l’intérieur’’. Pourtant une publicité dans des médias locaux serait plus ciblée, a-t-il analysé.
‘’Pendant longtemps, l’Etat a été le seul employeur dans la presse’’, notamment à travers le quotidien national Le Soleil, a-t-il souligné. Djib Diédhiou a récemment décroché du quotidien national, où il a occupé entre autres postes, celui de rédacteur en chef adjoint.
Il a évoqué des expériences de journaux régionaux qui ont échoué à Thiès et à Louga, estimant pour ce qui concerne l’investissement dans le secteur de la presse que ‘’peut-être cela va se faire très rapidement’’.
Le formateur a cependant souligné les ‘’écueils’’ de l’analphabétisme et du faible pouvoir d’achat des populations qui pourraient entraver le développement de ce genre d’organe. D’ailleurs, ‘’la presse écrite n’est pas suffisamment entrée dans les mœurs’’, car même certains aiment lire un journal, il leur arrive rarement de l’acheter.
L’enseignant a, par ailleurs estimé que les expériences de presse en ligne qui commencent à se multiplier dans les régions ne sauraient se substituer aux journaux (quotidiens ou hebdomadaires), compte tenu du faible ‘’taux de pénétration de l’ordinateur’’ et de toute l’initiation que requiert l’outil informatique. ‘’Il faut que les deux aillent de paire’’, a-t-il suggéré.
Invité la veille sur la radio communautaire Kédougou FM, il avait indiqué que l’espace réduit des quotidiens nationaux et l’absence de journaux régionaux peuvent expliquer la place congrue qu’occupe l’information en provenance des régions dans les colonnes des quotidiens.
Il a relevé que lors d’un récent séminaire, des correspondants de journaux de la place se sont plaints du traitement réservé à leurs articles par la rédaction centrale. Ils ont expliqué, a-t-il dit, que la plupart du temps, ce sont leurs articles sur les faits divers qui sont publiés, ‘’au détriment des articles sur l’économie, la santé, le social’’. La conséquence est qu’ils sont obligés de ‘’se rabattre sur les faits divers’’.