SENEGAL-ECONOMIE
Keur Moussa (Thiès), 18 mars (APS) –
jeudi 18 mars 2010, par Adama Ly Diouf
‘’Il n’y a pas une politique nationale, pensée, réfléchie qui existe pour la promotion du commerce équitable, mais il y a des thématiques développées par les acteurs à la base ou des organisations d’accompagnement comme Enda, qui se sont appropriés de la dynamique’’, a-t-il souligné en marge des travaux d’une rencontre de partage sur la thématique ouverte le même jour à Keur Moussa (50 Km de Dakar), dans la région de Thiès
Conscient que le commerce équitable peut apporter un plus value aux producteurs, Enda s’est ainsi approprié la démarche, accompagné par des structures étatiques comme la direction de l’Artisanat, celle de l’Agriculture, en plus de la division de la Santé en charge des plantes médicinales’’, selon Abdourakhmane Bâ.
C’est pourquoi, Enda compte développer ‘’un lobbying au niveau de l’Etat pour faire comprendre aux décideurs politiques que le commerce équitable juste est important pour le développement des producteurs et transformateurs’’.
‘’Il est temps qu’on cherche à le promouvoir pour ne pas être laissé en rade au niveau du commerce mondial’’, a-t-il relevé.
Le commerce équitable crée de la valeur ajoutée en faisant en sorte d’organiser le producteur de manière à ce qu’il puisse mettre sur le marché un produit de qualité, en plus de créer des emplois mais dans le respect de l’environnement et de la santé humaine.
C’est ainsi que Enda Tiers-Monde veut inciter une démarche nationale avec des producteurs de tout bord membres de fédérations et porteurs de la dynamique, appuyés par les structures étatiques concernés.
Aujourd’hui, ‘’il existe une trentaine d’organisations qui travaillent dans la dynamique avec des transformateurs, des producteurs, des Ong et des associations’’, a dit M. Bâ. Avec une approche participative Enda implique ainsi toutes les organisations dans les activités déroulées le long du processus engagé depuis 2005.
Ainsi des rencontres de restitution sont tenues, de la création de la plateforme sur le commerce équitable à l’élaboration de la chartre d’engagement traduite au niveau en Pullar par une association de producteurs établie à Koussanar.
‘’Nous voulons que cette dynamique soit le plus participatif possible avec l’implication du plus grand nombre d’acteurs par la tenue d’ateliers de partage et de restitution pour toutes les activités déroulées’’, a-t-il assuré.
Les représentants des producteurs présents à ces rencontres sont appelés aussi à faire des restitutions auprès de leurs membres. ‘’Ce n’est pas facile de regrouper prés de 40 organisations de producteurs qui ont des acquis, des perceptions, des vécus, des intérêts différents ou divergents et de les mettre ensemble pour travailler’’.
Mais Enda est parvenu à les réunir autour du minimum pour promouvoir des valeurs de qualité dans la production. Porteur du projet, l’organisme met les moyens, les ressources humaines autour des objectifs définis pour accompagner les producteurs.
Le commerce équitable, système alternatif au commerce conventionnel basé seulement sur la recherche de profits, a été promu pour soutenir les petits producteurs.
A son origine, le commerce équitable est un système qui permet de promouvoir les producteurs du Sud, a expliqué M. Bâ, relevant qu’au début c’était une œuvre caritative porté par les religieux, ensuite il y a eu un développement fulgurant en Europe avec la création d’organisations et d’associations porteurs du processus.
La rencontre ouverte à Keur Moussa regroupe les représentants d’organisations de producteurs et de transformateurs, d’associations consuméristes pour réfléchir sur la finalisation d’un cahier de charges générique de la démarche intitulée ‘’développer des pratiques de commerce équitable au Sénégal’’.