SENEGAL-ASSISES-STLOUIS
Saint-Louis, 19 mars (APS) -
vendredi 19 mars 2010, par Ahmad M. Diba
Placée sous mandat de dépôt en novembre 1994, l’accusée, devenue entre-temps aveugle, a bénéficié d’une liberté provisoire six mois après.
L’affaire jugée est partie d’une lettre anonyme informant du repêchage du corps d’un nouveau-né trouvé dans les eaux du fleuve.
Arrêtée des suites de cette dénonciation anonyme, Peinda a révélé à la barre qu’elle avait au moment des faits accouché d’un bébé dont elle ignorait le sexe, et avait été obligée de l’abandonner aux environs de 20 h sur les bords du fleuve.
L’accusée a soutenu qu’elle avait été apeurée par une apparition mystérieuse, assurant que le bébé, venu les pieds en avant, n’était pas vivant. Des affirmations qui n’ont pas convaincu l’avocat général Adama Guèye.
Le magistrat s’est basé sur le choix de Peinda de cacher sa grossesse pour lire ses intentions supposées. De plus, en venant sur les bords du fleuve, elle savait que l’accouchement était imminent, selon l’avocat général.
Adama Guèye a aussi rejeté la thèse de l’enfant mort-né pour celle de l’infanticide et requis une peine de dix ans de travaux forcés contre l’accusée.
L’avocat de la défense a pour sa part plaidé l’acquittement en faveur de sa cliente, estimant qu’aucune preuve ne vient étayer la culpabilité de Peinda dans cette affaire. Selon lui, l’accusée a effectivement mis au monde un mort-né et ne peut être poursuivie pour infanticide. Il a été suivi par la Cour.