SENEGAL-SANTE
Dakar, 26 juil (APS) –
mardi 27 juillet 2010, par Abdoulaye Iba Faye
’’La structure va mal, les malades vont mal et les praticiens travaillent dans des conditions difficiles. Il y a dans cet hôpital un manque notoire de ressources matérielles, une mauvaise gestion des ressources financières et une absence de maitrise des ressources humaines’’, a dit M. Kane, chef du service de cardiologie de HOGGY, lundi lors d’une conférence de presse tenu dans les locaux de l’hôpital.
Entouré des 21 membres de la commission médicale, composée pour l’essentiel par des chefs de service, des chirurgicaux, des médico-techniques et des praticiens, il a rappelé que depuis le 11 juin dernier, le personnel a entamé un mouvement d’humeur.
Cela, a-t-il dit, pour attirer l’attention du ministère de la Santé et de la Prévention sur le fait que le colonel Babacar Ngom est ’’atteint par la limite d’âge et doit faire valoir ses droits à la retraite’’.
‘’Mais surtout, nous avons insisté sur le fait que ce dernier est entrain de mener une vaste campagne de diffusions de fausses informations sur des prétendus résultats qu’il aurait obtenu de sa supposée bonne gestion’’, a-t-il précisé.
Selon lui, il n’en est rien et ses ‘’agissements’’ ont pour seul but de saper l’opinion publique et surtout pour se maintenir éternellement dans ses fonctions.
Le cardiologue a aussi pointé du doigt le ministère de la Santé, affirmant que depuis le début de la crise, aucune autorité de ce département ministériel n’a fait le déplacement pour entendre les deux parties. ’’Pire, a-t-il dit, l’HOGGY est la seule structure hospitalière que le ministre n’a pas encore visité depuis sa prise de fonction.’’
Le professeur Habib Sy, chef de service de l’orthopédie-traumatologie, a, lui, estimé que ce silence ’’coupable’’ de la tutelle, ressemble beaucoup plus à du mépris alors que la responsabilité de cet hôpital lui revient.
Pour étayer ses propos, il a dit qu’alors qu’on attendait à voir le directeur de l’hôpital préparer son départ, ce dernier a entamé un bras de fer avec le personnel, installant, de fait, la structure dans ‘’une instabilité, un désordre et une insécurité sans précédent et aucune autorité du ministère n’en parle’’.
Dans un hôpital, c’est le malade qui doit être au centre, alors qu’aujourd’hui à HOGGY, c’est le malade qui supporte tout, a-t-il indiqué.
‘’Ici, pour tout service devant être appliqué, le malade est obligé de mettre la main à la poche parce que l’hôpital n’en dispose. En ce moment on se dit qu’est ce que l’hôpital fait pour le malade’’ a-t-il tenté d’expliqué.
A ce niveau, mu par le devoir de réserve, il a dit préféré passer sous silence les conditions dans lesquelles les patients sont hébergés.
Toutefois, il a réaffirmé la volonté de la commission médicale à trouver les moyens de sortie de crise, qui ne peut surement pas se faire sans elle, invitant le Conseil d’administration, les organisations socioprofessionnelles et la tutelle à s’asseoir autour d’une table pour, ensemble trouver les solutions à ce problème.